La réforme liturgique
incomprise
L'Ordo
missae face aux controverses et aux
dissidences
Quatre ans
après le Motu proprio Ecclesia Dei Afflicta
(2 juillet 1988) et les
divers problèmes posés par sa mise en oeuvre, il me semble
qu'il est utile de refaire, à la lumière des tristes
événements de 1988 et des mesures qu'ils ont entraînées,
l'historique des controverses et des dissidences auxquelles
a été affrontée la réforme liturgique demandée par le IIe
Concile du Vatican et réalisée par le Consilium (1964-1970) puis, à partir de 1970, par
la Congrégation du culte divin sous ses diverses
dénominations.
La défense du latin et
du répertoire musical
On sait à
quel point furent vifs les plaidoyers en faveur du latin
dans le débat conciliaire de l'automne 1962 (1); cependant,
le texte qui reconnaissait une place à la langue
vernaculaire dans la liturgie (l'actuel n° 36 de la
Constitution Sacrosanctum
Concilium),
proposé au nom de la Commission par Mgr Charles-Justin
Calewaert, fut voté par plus de deux mille Pères à la
Congrégation générale du 5 décembre 1962 (2); le
chapitre De musica
sacra, qui ne
donna lieu qu'à des précisions complémentaires, fut voté,
sur proposition du rapporteur, Mgr Cesario d'Amato, abbé de
Saint-Paul hors les murs, à la session de 1963, toujours
presque à l'unanimité des votants.
En fait, cette unanimité
n'éteignit pas les disputes passionnées qui duraient depuis
déjà de longues années: la revendication de la langue
moderne était apparue liée à la découverte de la dimension
pastorale qu'exigeait le mouvement liturgique, surtout
depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale revendication
exprimée dans les congrès et les revues, mais ressentie
très profondément surtout dans les pays où la vie
chrétienne ne trouvait à se nourrir que dans la célébration
du culte.
Mais par ailleurs, le latin
semblait à beaucoup être étroitement lié aux textes de la
liturgie et garantir l'unité de l'Eglise. Et ce sont
surtout les musiciens qui virent le double danger qui
menaçait le répertoire traditionnel du chant grégorien, de
la polyphonie palestrinienne et de la musique classique:
d'une part, ce répertoire était lié à la langue latine;
d'autre part, le rôle de l'orgue et de la
schola
serait grandement restreint
si l'on mettait en pratique cette « participation active et
consciente » du peuple fidèle à la liturgie, mot d'ordre
essentiel du mouvement liturgique, à la suite surtout de la
Constitution Divini cultus
de Pie XI (20 décembre 1928).
D'où les plaidoyers véhéments
en faveur du latin, souvent teintés d'amertume, et la
défense farouche du répertoire exprimés dans les Congrès
internationaux de musique sacrée de Vienne (1954), de Paris
(1957). Mgr I. Anglès, président de l'Institut pontifical
de musique sacrée de Rome, était l'un des plus actifs: on
obtint même du pape Jean XXIII, à quelques mois du Concile,
en février 1962, la signature solennelle de la Constitution
apostolique Veterum sapientia
(3).
Mais après la promulgation,
le 3 décembre 1963, de la Constitution conciliaire sur la
liturgie, il apparaissait évident que les discours de
congrès et les articles de revues n'avaient guère eu
d'efficacité. Le 19 décembre 1964 fut fondée à Paris
l'Association Una
voce en vue de
promouvoir l'application restrictive des décisions du
Concile. Son but officiel était « la sauvegarde, selon la
Constitution Sacrosanctum Concilium, de la langue latine et du chant
grégorien dans la liturgie catholique
». Dans d'autres pays se
constituèrent de semblables mouvements; en 1967, ils se
groupèrent en une Fédération internationale dont le siège
était à Zurich, présidée par Eric de Saventhen (4). En
général, ces diverses associations étaient patronnées par
des laïcs, membres d'académies ou, parfois, appartenant à
des milieux de vieille noblesse. Ils n'obtinrent pas grand
succès auprès du Saint-Siège, puisque le pape Paul VI
élargit progressivement les facultés prévues par le
Concile, au point d'admettre finalement que la liturgie pût
être célébrée intégralement en langue moderne.
Malheureusement, on ne tint
pas compte suffisamment de l'importante recommandation
faite par le Concile dans l'article 54 de
Sacrosanctum
Concilium:
« On veillera à ce
que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue
latine les parties de l'Ordinaire qui leur
reviennent », et
celle donnée par le Consilium en 1967 dans le n° 48 de
l'Instruction Musicam
sacram: «
Là où on a introduit
l'usage de la langue du pays dans la célébration de la
messe, les Ordinaires des lieux jugeront s'il est opportun
de maintenir une ou plusieurs messes célébrées en latin,
spécialement la messe chantée, dans certaines églises, de
ville surtout, où se trouve un assez grand nombre de
fidèles de diverses langues » (5).
Et il faut convenir que
l'approche du Concile et de l'immédiat après-Concile
donnèrent souvent lieu à des expériences musicales
affligeantes, tandis que la grande mutation sociale de
cette époque rendait précaire le statut des
scholae
et des organistes (6). D'où
le ton de plus en plus violent et polémique des
publications émanant des associations musicales (7).
La parution de
l'Ordo
missae de 1969
provoquera des remous et des contradictions beaucoup plus
graves.
Les premières attaques
contre la réforme de l'Ordo missae
(1965-1970)
Si
le De ordinatione
diaconi, presbyteri et episcopi, première réalisation du
Consilium, publié le 15 août 1968, fut reçu
aussitôt partout avec faveur, il n'en fut pas de même
l'année suivante pour l'Ordo missae.
En réalité, la controverse
sur la réforme de la messe fut jetée dans le public bien
avant la publication de l'Ordo missae. Le premier projet, préparé par
le Coetus
X du
Consilium, et qui proposait un remaniement fort
discutable du Canon romain, fut présenté aux évêques
membres du Consilium et expérimenté devant eux, les 20 et 22
octobre 1965, dans la chapelle de l'Institut Santa Maria
Bambina avec la participation de deux séminaires qui y
assuraient le chant: une telle cérémonie ne pouvait
demeurer secrète; elle fit aussitôt l'objet d'une campagne
dans la presse italienne et parvinrent à Paul VI des
plaintes qui l'émurent, notamment de la part du P. Louis
Bouyer et de Mme Noèle Maurice Denis Boulet (8). Le
remaniement du canon romain fut heureusement abandonné par
les experts; l'ensemble de l'Ordo missae, expérimenté et discuté au Synode des
évêques de 1967, puis expérimenté à nouveau devant le pape
et soigneusement revu par lui plusieurs fois avec divers
conseillers, soumis enfin pour avis à tous les chefs de
Dicastères romains, parut le 2 mai 1969 (avec la date du 6
avril), précédé de la Constitution apostolique
Missale
Romanum du 3
avril (9) et d'un document de plus de soixante pages
intitulé Institutio generalis Missalis
Romani. Ce
dernier était destiné d'abord à remplacer tous les
préliminaires du Missale de 1920, dont les derniers remaniements
dataient de 1965; mais, rédigé dans un genre littéraire
tout nouveau, il devait permettre d'orienter aussi la
catéchèse et la pastorale (10).
Or, à la différence de l'Ordo
proprement dit, l'Institutio n'avait pas été soumise à l'examen des
Congrégations romaines et surtout de la Congrégation de la
foi; le Secrétariat du Consilium ne l'avait pas cru nécessaire (11).
Omission dommageable: il y eut dans la Curie des critiques,
notamment sur l'article 7, dont on craignait qu'il ne tînt
pas assez compte de l'enseignement du Concile de Trente: le
25 septembre, les cardinaux Alfredo Ottaviani et Antonio
Bacci envoyèrent à Paul VI une lettre, qui accompagnait une
brochure, datée du « Corpus Domini 1969
», intitulée
Breve esame critico del
Novus Ordo Missae, publiée à Rome par la « Fondazione
Lumen Gentium ». Cette brochure anonyme voyait dans tous
les changements apportés à l'Ordo missae et dans la présentation de la messe qui
se dégage du texte de l'Institutio, l'effet d'une mentalité hérétique,
niant le caractère sacrificiel de la messe et la vraie
nature du sacerdoce ministériel, compromettant l'unité de
l'Église:
« E' evidente
che il Novus ordo, non vuole più rappresentare la
fede di Trento; a questa fede, nondimeno, la coscienza
cattolica è vincolata in eterno: il vero cattolico è dunque
posto dalla promulgazione del Novus Ordo, in una
tragica necessità di opzione. »
Or c'est, selon les auteurs,
le Missel de saint Pie V qui avait préservé l'unité des
catholiques de tout péril dans le culte et des erreurs
protestantes (12). La lettre des deux cardinaux assurait
que le document qu'ils transmettaient était «
opera di un scelto gruppo
di teologi, liturgisti e pastori d'anime
»; ils concluaient eux aussi
que la foi était en jeu, qu'ils avaient «
le devoir de demander
avec fidèle confiance au législateur l'abrogation de la loi
elle-même »,
c'est-à-dire de l'obligation d'adopter le nouveau missel;
la lettre se terminait par une pressante adjuration, qui
sera à l'origine de bien des foyers de résistance au
nouvel Ordo et fera l'objet de tant de requêtes:
« Supplichiamo
pero' istantemente la Santità Vostra di non voglierci
togliere — in un momento di cosi' dolorose
lacerazioni e di sempre maggiori pericoli per la purezza
della fede e l'unità della Chiesa, che trovano eco
quotidiana e dolente nella voce del Padre comune — la
possibilità di continuare a ricorrere alla integrità
feconda di quel Missale Romanum di san Pio V,
dalla Santità Vostra cosi' altamente lodato e dall'intero
mondo cattolico cosi' profondamente venerato ed amato.
»
La lettre fut connue du
public et suscita aussitôt des commentaires de presse;
le Messaggero du 30 octobre titrait:
La nuova messa « eretica
» e « profanatoria » (13), Mais le pamphlet s'appuyait sur des
arguments tellement ridicules que l'on supposait que le
cardinal Ottaviani, presque aveugle, l'avait approuvé sans
le lire (14). La Congrégation du Culte divin se contenta
d'abord de publier une brève Déclaration, en date du 18
novembre, destinée à préciser la nature exacte de
l'Institutio et de rappeler que la doctrine
eucharistique avait été longuement exposée et sans
équivoque dans la Constitution Sacrosanctum
Concilium,
l'Encyclique Mysterium fidei
de 1965, l'Instruction
Eucharisticum
mysterium du 25
mai 1967 . De son côté, le pape Paul VI avait répondu aux
critiques dans ses allocutions des audiences générales des
19 et 26 novembre 1969 (16); et le cardinal Ottaviani
écrivit le 17 février 1970 la mise au point suivante:
« Je regrette
seulement que l'on ait abusé de mon nom dans un sens que je
ne désirais pas, par la publication d'une lettre que
j'avais adressée au Saint-Père sans autoriser personne à la
publier. Je me suis profondément réjoui à la lecture des
Discours du Saint-Père sur les questions du nouvel Ordo
missae, et surtout de ses précisions doctrinales
contenues dans les discours aux Audiences publiques du 19
et du 26 novembre; après quoi, je crois, personne ne peut
plus sincèrement se scandaliser. Pour le reste, il faudra
faire une oeuvre prudente et intelligente de catéchèse afin
d'enlever quelques perplexités légitimes que le texte peut
susciter (17).
»
Comme Paul VI avait transmis
le Breve
esame à la
Congrégation pour la doctrine de la foi, celle-ci le jugea
sévèrement: « contiene molte affermazioni
superficiali, esagerate, inesatte, appassionate e
false » (18).
Toutefois, pour mieux couper court aux polémiques, le pape
suggéra que la nouvelle édition de l'Institutio qui figurerait en tête du
Missale
Romanum à
paraître au printemps de 1970, serait précédée d'un
Prooemium
qui soit comme une catéchèse
théologique; en outre l'article 7, si attaqué, fut précisé
et complété, ainsi que quelques autres (19).
En fait, la contestation
inaugurée par le Breve esame et la lettre des deux cardinaux, loin
d'être arrêtée par ces mises au point, devint de plus en
plus violente et donna lieu à nombre de factums et de
manifestations; ce n'est pas ici le lieu d'en dresser un
inventaire (20), rappelons seulement les noms de
quelques-uns des plus bruyants contestataires français:
Louis Coache, Noël Barbara, Georges de Nantes, et les
périodiques diffusant le plus habituellement l'argumentaire
de l'opposition à l'Ordo missae: Forts dans la foi, Itinéraires, La
Pensée catholique, Una voce (21). Les États-Unis d'Amérique connurent
aussi de semblables campagnes (22).
Comme le laissaient entrevoir
le Breve
esame et la
Lettre des deux cardinaux, deux attitudes vont se préciser:
l'une, qui s'endurcira jusqu'au schisme, refusant toute
compromission avec la messe « hérétique » de Paul VI;
l'autre, souhaitant seulement que liberté soit laissée à
ceux qui le veulent de conserver l'usage du « vénérable
missel de saint Pie V », multipliant même les démarches en
ce sens auprès des instances romaines.
L'opposition violente
au Missel de Paul VI et la première phase de l'affaire
Lefebvre (1969-1976)
L'une des
premières manifestations tapageuses contre la réforme
liturgique est, semble-t-il, celle qui eut lieu à Rome
même, le 30 novembre 1969, distribuant des tracts et
colorant de rouge les plus célèbres fontaines «
come le acque dell'Egitto
si trasformarono in sangue » (23). A Nancy, où un groupe s'était
constitué, dès 1969 également, autour d'un prêtre décidé à
continuer à célébrer selon l'ancien rite, des incidents se
produisirent le 10 mai 1970, allant jusqu'à obliger à se
retirer le vicaire général qui était venu expliquer
pourquoi il fallait accepter le nouvel Ordo (24).
L'abbé Coache, que son évêque
de Beauvais avait dû écarter du ministère et frapper de
suspense (25), et qui a diffusé à centaines de milliers
d'exemplaires une brochure, Vade mecum du catholique fidèle face
à la destruction concertée de l'Église
(26), fait en outre
distribuer un tract: Faut-il assister à la nouvelle
messe?, où il
explique que « comme elle est nocive, il faut s'en
abstenir », même
si on n'a pas la possibilité d'assister à la «
vraie messe
» pour satisfaire au précepte
dominical (27). Jean Madiran, dès janvier 1970, avait
invité lui aussi à ne pas participer aux offices et même à
refuser le denier du culte dans les paroisses qui
célébraient « la
nouvelle liturgie » (28).
A Paris, se produisent de
grands éclats: l'abbé François Ducaud-Bourget célèbre dans
la Salle Wagram des messes « traditionnelles », jusqu'à ce
que, le 27 février 1977, un commando musclé s'empare de
l'église Saint-Nicolas du Chardonnet et l'y installe comme
curé: l'archevêque n'obtiendra jamais la restitution de
cette église à son légitime clergé paroissial (29). Et bien
d'autres incidents du même genre se produisent ailleurs.
Ils n'auraient sans doute pu durer et se multiplier s'il
n'y avait eu, pour les appuyer, l'affaire Lefebvre.
Mgr Marcel Lefebvre, ancien
archevêque de Dakar, ancien délégué apostolique pour
l'Afrique francophone, évêque de Tulle pendant quelques
mois de 1962, était au moment du Concile, supérieur général
de la Congrégation du Saint-Esprit (30), s'y fit remarquer
par l'offensive qu'il mena contre le projet de Décret sur
la liberté religieuse et surtout pour essayer de faire
inscrire la condamnation expresse du communisme dans
Gaudium et
spes, dont il
estima, à cause de cela, le vote irrégulier de la part du
Concile (31); mais bien qu'il eût fait au sein de la
Commission centrale préparatoire de sérieuses critiques
contre les liturgistes et le Schéma sur la liturgie (32),
il a voté la Constitution Sacrosanctum
Concilium: il l'a
reconnu lui-même expressément (33); d'ailleurs, au cours du
débat sur la liturgie en Congrégation générale, il n'a
voulu faire qu'une intervention, qu'il n'a d'ailleurs pas
pu prononcer par suite de la clôture des discussions (26
octobre 1962): elle concernait seulement les pouvoirs
attribués en ce domaine aux Conférences épiscopales, qu'il
refusait, et les principes de l'adaptation missionnaire,
qui l'inquiétaient (34). Il a même accueilli volontiers la
première Instruction du Consilium (Inter
oecumenici, 26
septembre 1964) (35).
Mais les diverses réformes
que voulut apporter à sa Congrégation le Chapitre général
de 1968 l'amenèrent à donner sa démission de Supérieur le
30 septembre 1968 (36). Il s'est trouvé donc sans fonction
et se voyait même quasi sans domicile (37). C'était
précisément l'époque de la grande confusion estudiantine
qui a gagné les séminaires et y a provoqué un véritable
effondrement: quelques élèves du Séminaire français de
Santa Chiara se groupèrent autour de Mgr Lefebvre. Celui-ci
fut accueilli par Mgr Charrière, évêque de Fribourg en
Suisse, qu'il avait rencontré autrefois à Dakar et qui, le
1er novembre 1970, lui donna par décret l'autorisation de
fonder pour six
ans ad experimentum une société de droit diocésain, qui
prenait le nom de Fraternité sacerdotale internationale
Saint-Pie-X (38) et qui annonçait comme but «
de former des prêtres
séculiers destinés à exercer des ministères sacerdotaux
dans toutes les régions où ils seront sollicités, sans
limites de lieu ni de ministère, pourvu qu'il s'agisse
d'oeuvres vraiment sacerdotales ». Ce devait être comme un préséminaire,
sorte de noviciat, et un convict, dont les élèves
suivraient les cours de l'Université de Fribourg (39). En
fait, transférant sa Fraternité à Ecône, dans le diocèse de
Sion, il en fit un séminaire complet. Le cardinal Wright,
préfet de la Congrégation pour le clergé, répondant le 18
février 1971 à une lettre de Mgr Lefebvre, lui adressa,
paraît-il, ses félicitations et ses encouragements (40).
Or, le 10 juin de cette même
année 1971, Mgr Lefebvre justifie devant ses séminaristes
son refus de la nouvelle messe, dont l'adoption allait être
rendue obligatoire par le Siège apostolique (41). Surtout,
en février 1974, il publie, sous le titre
Un évêque
parle, les textes
de ses interventions devant divers auditoires: c'est une
mise en cause non seulement de la messe de Paul VI et des
réformes post-conciliaires, mais aussi du Concile (surtout
de la Déclaration sur la liberté religieuse) et de Paul VI
lui-même (42). Cette publication a d'abord un résultat sur
l'opinion: désormais, l'opposition à la réforme liturgique
apparaîtra liée au refus du Concile lui-même et à certaines
tendances politiques. Un autre résultat est de provoquer
l'intervention du Saint-Siège: le 26 mars, le cardinal
Garrone, préfet de la Congrégation pour l'éducation
catholique, demande à Mgr Mamie, successeur de Mgr
Charrière sur le siège de Fribourg, un rapport sur la
Fraternité et le Séminaire d'Ecône; en juin, Paul VI
désigne pour juger ce cas une commission cardinalice qui
décide une visite apostolique, confiée à Mgr Descamps et
Mgr Ondin, de la Faculté de Louvain: ils se rendent à Ecône
et s'acquittent de leur mission les 11-13 novembre (43).
Mais le 21 de ce mois est lancée par Mgr Lefebvre une
déclaration en forme de profession de foi, dont voici
l'essentiel en ce qui concerne la liturgie:
« Nous refusons
par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de
tendance néomoderniste et néoprotestante qui s'est
manifestée clairement dans le Concile Vatican II et après
le Concile dans toutes les réformes qui en sont issues.
... On ne peut modifier
profondément la lex orandi sans modifier la
lex credendi. A messe nouvelle correspond
catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires
nouveaux...
... C'est pourquoi nous nous
en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué
dans la foi, les moeurs, le culte, l'enseignement du
catéchisme, la formation du prêtre, l'institution de
l'Église, par l'Église de toujours et codifié dans les
livres parus avant l'influence moderniste du Concile
(44)... »
Le 25 avril 1975, Mgr Mamie
est admis à retirer à Ecône l'approbation qui avait été
donnée par son prédécesseur, Mgr Charrière: les diverses
étapes de cette décision, les échanges de lettres qui
suivirent entre le pape Paul VI et Mgr Lefebvre n'ont fait
que souligner l'opiniâtreté du prélat dans ses refus (45).
Paul VI, au Consistoire du 24 mai 1976, a exprimé son
angoisse devant cette attitude (46).
Car il ne s'agit plus
seulement de la messe: c'est toute la réforme liturgique en
bloc qui est désormais rejetée. Logique avec lui-même,
l'évêque obstiné manifestera bientôt publiquement qu'il
considère comme invalide la confirmation conférée selon le
nouveau rite publié le 22 août 1971 (47). Et ce sont
surtout les ordinations qui créent une situation de plus en
plus grave, car Mgr Lefebvre conduit ses séminaristes
jusqu'à l'ordination presbytérale. Fidèle à ses principes,
non seulement il n'utilisera pour cela que le
Pontificale
Romanum ancien,
tenant compte sans doute pourtant de la Constitution
Sacramentum
ordinis de Pie
XII (30 novembre 1947), mais il continuera de conférer la
tonsure, les ordres mineurs de portier et d'exorciste ainsi
que le sous-diaconat supprimés par Paul VI (Motu
proprio Ministeria
quaedam du 15
août 1972) (48). Or la Tradition de l'Eglise exige que l'on
n'ordonne des clercs que pour le service d'une Eglise, d'un
diocèse, d'une prélature nullius ou d'une Congrégation de droit
pontifical: l'évêque qui n'est pas à la tête d'un diocèse
ne peut donc conférer l'ordination qu'à des sujets qui
possèdent de leur évêque ou prélat des lettres
dimissoriales. Lors des premières ordinations faites par
Mgr Lefebvre, ses séminaristes ont bénéficié
d'incardinations fictives dues à la complaisance d'évêques
de petits diocèses lointains, jusqu'à ce que, interdiction
lui soit notifiée par le cardinal Secrétaire d'Etat (12
juin 1975). Passant outre, malgré les adjurations
pressantes du P. Dhanis, s.j., venant de la part du pape,
et surtout du cardinal Thiandoum, accouru tout exprès de
Dakar, il encourt, le 29 juin 1976, la suspense
a divinis
en célébrant une ordination
sacerdotale: la sentence est déclarée le 22 juillet suivant
(49). II ne tient aucun compte de la suspense et, un mois
après, le 22 août, à Lille, il attire autour de sa messe
pontificale un grand rassemblement (50).
Mais plus importante est la
dissémination un peu partout de ses prieurés, communautés
de prêtres formés et ordonnés par lui, dépendant de lui,
auxquelles s'ajoutent des frères, des soeurs, des oblates;
en outre, sans dépendre directement de lui, mais étant dans
sa mouvance et recevant de lui ses principes, se fondent
des carmels (51); enfin, des communautés religieuses,
notamment des dominicaines enseignantes, rompant avec leur
propre congrégation, deviennent elles aussi des adeptes
farouches de la messe de saint Pie V et feront appel à Mgr
Lefebvre pour confirmer leurs élèves et présider leurs
cérémonies de profession.
Tolérances, indults et
pourparlers: 1971-1981
Une
Instruction du 20 octobre 1969 de la Congrégation pour le
culte divin pour l'application progressive du nouvel
Ordo missae
prévoyait, selon l'usage
traditionnel de ce genre de documents, une ultime date
obligatoire, le 28 novembre 1971, et aussi deux exceptions
que l'on admettrait: l'une en faveur des prêtres âgés qui
célèbrent en l'absence de peuple et qui éprouveraient de
grandes difficultés à s'adapter aux changements: c'est leur
Ordinaire qui leur donnera à la permission; l'autre vise
les « casus
peculiares, videlicet sacerdotum infirmorum aut aegritudine
vel aliis difficultatibus laborantium
»: ces cas seront soumis à la
Congrégation (52). C'est peut-être par une interprétation
large de cette clause que l'abbé Raymond Dulac obtint, le
12 octobre 1970, du cardinal Benno Gut, la permission qu'il
sollicitait en faveur des Dominicaines du Saint-Nom de
Jésus (53).
Après la publication
du Missale
Romanum, une
Notificatio du 14 juin 1971 permit à la Congrégation du
Culte divin de préciser et corriger l'Instruction
précédente, pour tenir compte du temps nécessaire à la
confection par les Conférences épiscopales des traductions
officielles:
« lis vero, qui
ob provectam aetatem vel infirmitates graves experiuntur
difficultates in novo Ordine Missalis Romani, Lectionarii
Missae vel Liturgiae Horarum servando, licet de consensu
sui Ordinarii ac tantummodo in celebratione sine populo
facta, Missale Romanum iuxta editionem typicam anni 1962, a
decretis annorum 1965 et 1967 accommodatum, vel Breviarium
Romanum quod antea in usu erat, sive ex toto sive ex parte,
retinere (54).
»
L'édition de 1962 tenait
compte des normes contenues dans le Codex rubricarum
de 1960; le décret de 1965
adaptait le Ritus
servandus du
Missel aux décisions contenues dans l'Instruction
Inter
oecumenici du 25
septembre 1964; enfin il fallait observer aussi
l'Instruction Tres
abhinc annos du 4
mai 1967.
Mais en comparant
cette Notificatio à l'Instruction de 1969, on peut
remarquer qu'elle ne laisse à l'adoption des nouveaux
textes de la messe qu'une seule exception: celle qui tient
compte des difficultés éprouvées par les prêtres très âgés
ou infirmes. Cependant, en préparant cette
Notificatio, A. Bugnini avait bien envisagé
l'éventuelle opportunité d'introduire dans le texte
lui-même la possibilité d'accorder d'autres dérogations; il
y renonça, car les évêques membres de la Congrégation et
les consulteurs, sauf deux, estimèrent que dans le climat
qui régnait alors, cette ouverture produirait plus de mal
que de bien (55).
Pouvait-on espérer encore que
le Siège apostolique admettrait d'autres dérogations? C'est
le Cardinal Heenan, archevêque de Westminster qui en
sollicita aussitôt au nom des évêques d'Angleterre et
d'Ecosse: un bon nombre de catholiques venus de
l'Anglicanisme avaient en effet été attirés à l'Église
romaine par la liturgie, qu'ils admiraient à la fois pour
ses cérémonies et pour ses textes. Paul VI agréa cette
demande, mais il fut décidé que la réponse ne serait pas
publiée; A. Bugnini, par lettre du 5 novembre 1971, la
notifia au cardinal, en précisant que cette concession
était limitée « à
certains groupes ou dans des occasions
spéciales », car
« l'eucharistie
étant le sacrement de l'unité, il faut éviter que l'usage
de l'Ordo
missae de l'ancien
Missel devienne un signe ou une cause de désunion dans la
communauté catholique » (56).
Des groupes privés, notamment
l'Association Una
voce, demandaient
que « à l'avenir
l'Ordo
missae dit
"Tridentin" conservât sa place parmi les rites légitimes et
universellement reconnus pour la célébration de la sainte
messe » (57)...
La concession de telle ou telle permission passagère était
en effet envisagée par la Congrégation du Culte divin, mais
à des conditions très strictes, que les bénéficiaires
risquaient d'élargir abusivement (58). D'où une
nouvelle Notificatio le 28 octobre 1974, apportant les
précisions suivantes:
« Circa normas
vero, quae ab hac s. Congregatione editae sunt in bonum
sacerdotum, qui ob provectam aetatem vel infirmitatem
graves experiantur difficultates in novo Ordine Missalis
Romani vel Lectionarii Missae servando, patet facultatem ab
Ordinario concedi posse Missale Romanum iuxta editionem
typicam anni 1962, per decreta annorum 1965 et 1967
accommodatum, sive ex parte sive ex toto retinendi, sed
tantummodo pro celebratione missae sine
populo. Nequeunt tamen Ordinarii huiusmodi facultatem
tribuere pro celebratione missae cum populo (59). »
Paul VI lui-même comprenait
l'équivoque que comportait chez beaucoup l'attachement à la
messe « tridentine ». Il aurait dit à Jean Guitton:
« Je serais tout
prêt à autoriser la messe de Pie V: je l'ai célébrée toute
ma vie. Mais ce rite est devenu un symbole, comme le
drapeau blanc des monarchistes légitimistes: le symbole
d'une opposition au Concile. Mon devoir de pape est
d'appliquer le Concile (60). »
Plus certaine est évidemment
l'expression de la pensée de Paul VI dans sa grande lettre
du 11 octobre 1976 à Mgr Marcel Lefebvre:
« Nous avons
sanctionné cette réforme [de la messe] de notre autorité,
en demandant son adoption par tous les catholiques. Si, en
général, nous n'avons pas jugé bon de maintenir plus
longtemps des retards ou des exceptions à cette adoption,
c'est en vue du bien spirituel et de l'unité de l'entière
communauté ecclésiale, car, pour les catholiques de rite
romain, l'Ordo missae est un signe privilégié de
leur unité. C'est aussi parce que, dans votre cas, l'ancien
rite est en fait l'expression d'une ecclésiologie faussée,
un terrain de lutte contre le Concile et ses réformes, sous
le prétexte que là seulement on conserverait, sans que
leurs significations soient obscurcies, le véritable
sacrifice de la messe et le sacerdoce ministériel. Nous ne
pouvons accepter ce jugement erroné, cette accusation
injustifiée, ni tolérer que l'eucharistie du Seigneur,
sacrement d'unité, soit l'objet de pareilles divisions et
qu'elle soit elle-même utilisée comme instrument et signe
de rébellion (61).
»
Dès lors, on comprend que la
Supplique adressée à Paul VI, le 8 août, par huit
personnalités françaises (62), plaidant l'indulgence en
faveur de Mgr Lefebvre (« le plus notoire de nos défenseurs de
la Tradition »)
et de la messe « traditionnelle
» ne risquait guère de
recevoir une réponse favorable (63).
Au contraire: à la suite de
l'affaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, le 17 mai 1977,
une réunion de plusieurs chefs de Dicastères, comprenant
les cardinaux Knox, Baggio, Seper, Garrone, Wright, Felici
avec le Secrétaire (Mgr Innocenti) et les deux
Sous-Secrétaires (NNSS. Magnone et Noè) de la Congrégation
des Sacrements et du Culte divin, concluait qu'on ne devait
pas étendre les concessions de la messe de saint Pie V et
même qu'on devait refréner celle qui avait été concédée à
l'Angleterre (64)
Effectivement, après la mort
du cardinal Heenan (7 novembre 1975), Rome a invité
l'épiscopat anglais à en réduire l'usage: en 1980, six
évêques seulement étaient d'avis de la maintenir, alors que
d'autres y étaient expressément contraires, estimant que ce
serait dommageable pour la discipline de l'Église (65).
Mais pendant ce temps, Mgr
Lefebvre multipliait les coups d'éclat: notamment, le 6
juin 1977, c'est à Rome même qu'il faisait une conférence
dans les salons de la princesse Pallavicini (66). Malgré la
sentence de suspense a divinis encourue l'année précédente, il procède à
une nouvelle ordination générale le 29 juin; sollicité d'y
surseoir de façon pressante, il a déclaré qu'il y mettrait
trois conditions: que Rome affirme la validité de la messe
de saint Pie V, que l'on trouve un statut canonique pour sa
« Fraternité saint Pie X », que soient soumis à la
Commission d'interprétation du Concile le Décret sur la
liberté religieuse et la Constitution Gaudium et
spes: cette
dernière condition étant inacceptable (67).
Paul VI est mort le 6 août
1978; Jean-Paul II, élu le 16 octobre suivant, accepte de
recevoir Mgr Lefebvre dès le 18 novembre:
« Nous avons eu
un entretien de trente minutes entre quatre yeux. Il était
favorable à nous accorder la faculté de célébrer la messe
de saint Pie V et prêt à reconnaître un statut juridique à
la Fraternité. A condition que je fasse une déclaration
dans laquelle j'acceptais l'enseignement du Concile Vatican
II à la lumière de la Tradition. Une solution semblait
proche et possible. Puis arriva le cardinal Seper, à
l'époque Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la
foi. Il dit au pape que c'était une grave erreur de nous
accorder le droit de célébrer la "vieille messe" parce que
nous en ferions un drapeau pour ne plus légitimer tout le
Concile. Jean-Paul II insista pour qu'on trouve ensemble un
accord (68).
»
Mais un colloque avec la
Congrégation de la foi, les 11-12 janvier 1979, n'eut pas
de suite (69), L'angoisse de Jean-Paul II va au-delà de
l'affaire Lefebvre; dans sa lettre du 24 février
1980, Dominicae
coenae, adressée
aux évêques du monde entier, après avoir rappelé les
bienfaits de la réforme liturgique accomplie, il a une
pensée pour ceux qu'elle a fait souffrir et notamment pour
ceux qui gardent la nostalgie du latin:
« Il y a
également des personnes qui, éduquées encore en fonction de
l'ancienne liturgie en latin, ressentent l'absence de cette
"langue unique", qui, dans le monde entier, a été aussi une
expression de l'unité de l'Église et qui, par son caractère
empreint de dignité, a suscité un sens profond du mystère
eucharistique. Il faut donc non seulement montrer de la
compréhension, mais aussi un vrai respect pour ces
sentiments et les satisfaire dans la mesure du possible,
mais comme c'est prévu du reste dans les nouvelles
dispositions (70).
»
En même temps, il demande
(71) à la Congrégation pour les sacrements et le culte
divin d'organiser une enquête auprès de tous les Ordinaires
des lieux de rite romain sur l'usage actuel de la langue
latine en liturgie et sur la question de la messe dite «
Tridentine ». De cette enquête, lancée le 19 juin 1980, la
Congrégation a publié les résultats dans les
Notitiae
de 1981 (72). Elle révèle
qu'un évêque (73) a imposé aux prêtres de son diocèse la
célébration de la messe selon le Missel tridentin et en
latin, car selon lui le Missel de Paul VI serait
d'inspiration luthérienne et la célébration en langue
vulgaire dangereuse pour les fidèles. Elle fait apparaître
aussi l'existence de groupes dissidents liés à Mgr Lefebvre
ou autonomes, non seulement en Europe, mais en Océanie (une
douzaine), en Amérique latine (une douzaine) et en Amérique
du Nord (près de 120). Le plus grand nombre des évêques
estime n'avoir pas de tels problèmes; une vingtaine serait
favorable à d'éventuelles concessions de l'ancien rite qui
apporteraient la paix; d'autres au contraire pensent que
ces concessions seraient plutôt un ferment de division.
L'interview du cardinal
Ratzinger dans Communio (1977)
Dans son
cahier n° 6 de 1977, la revue Communio publia, sous le titre:
Peut-on modifier la
liturgie? Réponse à des
interrogations,
une interview du cardinal Ratzinger (74).
Joseph Ratzinger, professeur
de dogmatique célèbre par ses écrits destinés à présenter
la foi chrétienne à l'homme moderne, expert au Concile du
Vatican, membre de la Commission internationale de
théologie, venait d'être nommé, depuis le mois de mars,
archevêque de Munich et créé cardinal le 27 juin.
Face aux rudes questions qui
lui sont posées par des laïcs sur la réforme liturgique, il
prend nettement parti pour elle et réfute les injustes
objections qui sont soulevées, notamment sur la manière de
comprendre l'eucharistie (75). On lui demande: « La
liturgie est-elle immuable ou non? » Il répond:
« Si la liturgie
veut garder sa vigueur, si elle veut avoir une action sur
la personne et sur la société, il faut qu'elle ne cesse de
s'adapter à la mentalité des croyants qui sont des hommes
de leur temps (76).
»
Et il pose de façon précise
la nature, les conditions et les limites de l'adaptation de
la liturgie, nécessaire dans les pays de mission (77).
Pensant aux fidèles qui se disent désorientés par le
Concile — peut-être songe-t-il aussi à Mgr Lefebvre
— il affirme:
« Le Concile n'a
pas créé de nouvelles croyances ni même remplacé les
anciennes. C'est un trait fondamental de ses déclarations
de se comprendre comme la continuation et
l'approfondissement des Conciles précédents,
particulièrement ceux de Trente et de Vatican I. Il s'agit
uniquement de maintenir la même foi dans des conditions
différentes ou de la revivifier. Par conséquent, la réforme
liturgique a tenté de rendre plus transparente l'expression
de la foi, mais elle voulait exprimer une seule et même foi
et non en changer les formes (78). »
Il reconnaît les bienfaits de
la participation active des fidèles de la liturgie:
« si l'on
supprimait aujourd'hui la réalisation active de la liturgie
rendue possible par le Concile, on remarquerait soudain que
ce qui s'est développé là, en réalité personne ne veut plus
y renoncer »
(79). A condition, bien sûr, qu'on la comprenne comme la
manifestation d'une attitude intérieure et qu'elle laisse
son rôle propre à chacun des acteurs de la célébration
(80).
Du Missel promulgué par Paul
VI, il reconnaît les apports bénéfiques:
« Pour éviter
les malentendus, je voudrais dire que je suis très
reconnaissant au nouveau Missel, quant à son contenu,
— mis à part quelques critiques —, d'avoir
agrandi le trésor des oraisons et des préfaces, d'avoir
institué de nouveaux canons et multiplié les formulaires de
semaine, etc., sans parler de la possibilité d'utiliser la
langue maternelle (81). »
Quant à la querelle au sujet
de la liturgie dite tridentine, dont on parle tant:
« Je voudrais
faire une brève remarque...: il n'existe pas de liturgie
tridentine; et jusqu'en 1965, ce mot n'avait rien dit à
personne. Le Concile de Trente n'a pas "fait" de liturgie.
Et il n'y a pas non plus, au sens strict du terme, de
Missel de saint Pie V... On est obligé de qualifier
d'irréel l'entêtement à garder le missel tridentin, mais
aussi de critiquer la forme sous laquelle le missel rénové
a été présenté. Il faut dire aux adeptes du Tridentin que
la liturgie de l'Eglise est aussi vivante que celle-ci...
Pour la liturgie catholique, quatre cents ans d'ancienneté,
ce serait bien trop peu: elle remonte réellement au Christ
et aux Apôtres, et c'est par là qu'elle est arrivée jusqu'à
nous par une croissance unique et incessante: le Missel est
aussi peu momifiable que l'Église elle-même (82). »
Cette défense de la réforme
liturgique par le cardinal Ratzinger s'accompagne cependant
de critiques, nous venons de le lui entendre dire. D'abord
sur « la forme sous laquelle le missel a été présenté »:
« Une nouvelle
édition devra montrer et dire clairement que le Missel dit
de Paul VI n'est rien d'autre qu'une version renouvelée
d'un unique missel, à l'élaboration duquel ont déjà
participé Pie X, Urbain VIII, Pie V et leurs prédécesseurs,
ceci jusqu'à l'époque de l'Église naissante. La conscience
de l'unité interne de l'histoire de la foi, qui se
manifeste dans l'unité toujours actuelle de la prière
(elle, prend sa source dans cette même histoire) est
essentielle à l'Église... Il s'agit de savoir si la foi
prend sa source dans des décrets et des recherches
savantes, ou si elle arrive à nous par l'histoire vivante
de l'Église, identique à elle-même à travers les siècles
(83). »
« Des décrets et des
recherches savantes »: c'est ici que se situe le principal
grief du cardinal Ratzinger, ressenti douloureusement par
les liturgistes allemands qui ont participé à l'ouvre de la
réforme — et dont, par ailleurs, il fait le juste
éloge: « pour ce
qui est de la préparation, elle semble n'avoir été nulle
part aussi intense qu'en Allemagne: c'est bien là qu'on
trouvait le foyer du mouvement liturgique d'où sont nées
les déclarations du Concile » (84).
« En même temps,
il faut porter un jugement sévère et constater que, malgré
toutes ses qualités, le nouveau Missel a été édité comme
s'il était un ouvrage revu et corrigé par des professeurs,
et non l'une des phases d'une évolution continue. Jamais
chose semblable ne s'est produite: cela s'oppose à
l'essence même de l'évolution de la liturgie; et c'est ce
seul fait qui a fait naître l'idée absurde que le Concile
de Trente et Pie V auraient eux-mêmes rédigé un missel il y
a quatre cents ans (85). »
Et voici encore plus
explicitement:
« La liturgie ne
naît pas par décrets et l'une des faiblesses de la réforme
liturgique postconciliaire réside sans aucun doute dans le
zèle des professeurs qui, de leur bureau, mettent en oeuvre
un travail qui nécessiterait une croissance vivante
(86). »
Il est particulièrement dur
dans son appréciation de la réforme du calendrier romain;
aussi il continue:
« J'en vois
personnellement un exemple frappant dans la réforme du
calendrier, où l'on a tout simplement oublié à quel point
l'année civile et les différentes fêtes s'interpénètrent et
par là même édifient un rapport entre les chrétiens et leur
temps. Inversement, quand par des calculs historiques
mesquins, d'ailleurs tout à fait illogiques, on a déplacé
des fêtes en usage pour les éparpiller tout au long de
l'année, ce fut certainement au mépris d'une loi
fondamentale de la vie religieuse (87). »
Il ne semble donc pas avoir
eu en main l'édition typique du De calendario, qui était accompagnée d'un
Commentarius
de plus de cent pages,
préparé par les soins du Consilium (88).
« La liturgie ne naît pas par
décrets »: pourtant, les historiens énumèrent aisément un
grand nombre de décrets, conciliaires ou pontificaux,
concernant la liturgie, échelonnés tout au long des
siècles; et le cardinal Ratzinger avoue: «
nombreuses sont les
décisions du Concile qui avaient été anticipées depuis
longtemps; en outre Pie XII avait, lui aussi, déjà réalisé
des bribes d'une réforme liturgique: songez par exemple à
la réorganisation de la veillée pascale
(89) ». Il aurait pu aussi
mentionner les décisions successives qui, depuis 1964, ont
jalonné l'évolution: instructions du Consilium, facilités progressives données à la
langue moderne, nouvelles prières eucharistiques.
« Beaucoup de
choses, dit-il
encore, se sont
produites trop brutalement, si bien que de nombreux fidèles
ne percevaient plus le lien avec ce qui
précédait » (90).
En fait, ce que laisse entendre le cardinal Ratzinger,
c'est le choc brutal qu'il a subi lui-même, lorsque,
quittant sa chaire de professeur, il a été affronté tout à
coup comme archevêque à l'effervescence désordonnée des
jeunes et de bien moins jeunes de 1977 qui sévissait dans
de nombreux pays et que la hiérarchie cherchait à endiguer
(91).
L'Indult du 3 octobre
1984
Le 25
novembre 1981, le cardinal Ratzinger devenait Préfet de la
Congrégation pour la doctrine de la foi. Le 16 novembre de
l'année suivante, il présida la réunion autour de lui des
cardinaux Baggi, Baum, Casaroli, Oddi et Mgr Casoria
(celui-ci étant alors Pro-Préfet de la Congrégation pour
les sacrements et le culte divin), pour traiter de
l'affaire Lefebvre et plus généralement des questions
liturgiques. Ils furent unanimes à proposer, entre autres
mesures, que, indépendamment de la question Lefebvre, le
Siège apostolique admette l'usage général de l'ancien
Missel pour les messes célébrées en latin, à condition que
soit évitée toute suspicion à l'égard du Missel de 1969 et
que soit observé le nouveau calendrier pour les
célébrations paroissiales dominicales et festives. Le 19
avril 1983, une nouvelle réunion des cardinaux Ratzinger,
Casaroli et Casoria (celui-ci cardinal depuis le 2 février)
devait prévoir les modalités d'une extension limitée des
permissions prévues dans la Notificatio de 1971 (92). La
Congrégation pour les sacrements et le culte divin étudia
donc la façon dont pouvait être accordée cette extension et
notamment la limite et les garanties nécessaires à prévoir
pour éviter toute équivoque et tout dérapage de la réforme
liturgique (93). Entre-temps, le cardinal Casoria, ayant
atteint la limite d'âge, la nomination de son successeur,
Mgr Augustin Mayer, donna au pape Jean-Paul II l'occasion
de scinder à nouveau la Congrégation et, par conséquent, de
rendre l'autonomie à la Congrégation du culte divin (94).
C'est donc sous le nom de la
Congrégation du culte divin et avec la signature de Mgr
Mayer, Pro-Préfet, que fut adressée aux Présidents des
Conférences épiscopales, avec la date du 3 octobre, une
Lettre-circulaire destinée à répondre avec la prudence
voulue aux orientations formulées dans les réunions
cardinalices précitées (95). On notera d'abord qu'a été
évitée la forme d'un Décret général, qui aurait dû être
publié aux Acta
apostolicae Sedis: une lettre circulaire laisse aux
évêques toute liberté d'appréciation de l'opportunité
d'user ou non de l' « Indult par lequel les prêtres et les
fidèles qui seront indiqués explicitement dans une demande
à adresser à leur évêque pourront célébrer la messe en
utilisant le Missel romain selon l'édition typique de
1962 ». Des
normes très strictes doivent être observées, destinées
d'abord à lever toute équivoque sur la légitimité et la
rectitude doctrinale du Missel de Paul VI, puis d'assurer
que cette célébration soit effectivement limitée quant aux
destinataires de l'indult, aux jours et aux lieux
déterminés par l'évêque. Chaque évêque devra «
informer la Congrégation
des autorisations qu'il aura accordées et, un an après la
concession de cet indult, des résultats obtenus par son
application ». Cette autorisation « ne doit porter aucun préjudice au
déroulement de la liturgie qui doit être observé dans la
vie de chaque communauté ecclésiale
».
La concession est «
signe de la sollicitude
dont le Père commun entoure tous ses fils
». En effet, la Congrégation
rappelle les résultats de l'enquête de 1980: il semblait à
cette date « que
le problème de ces prêtres et fidèles qui demeuraient
attachés au rite qualifié de "tridentin" se trouvait
presque entièrement résolu », alors qu'il subsiste encore, en sorte
que « le Souverain
Pontife lui-même est désireux d'aller au-devant de ces
groupes ».
Au Synode des évêques de
1985, il fut également question de ces dissidences. Le
rapport final suggère que les évêques ne se contentent pas
de corriger les abus, mais expliquent clairement à leur
peuple le fondement théologique de la discipline
sacramentelle et de la liturgie:
« Comme la
pluriformité est une vraie richesse et apporte avec elle
une plénitude, elle est elle-même vraie catholicité. Mais
le pluralisme, juxtaposition de positions
fondamentalement opposées, conduit à la dissolution, à la
destruction, à la perte de l'identité propre (96).»
Cependant, une nouvelle
Commission cardinalice, réunie en décembre 1986, réexamina
l'indult, jugea ses conditions trop restrictives et proposa
de les élargir (97). Le cardinal Mayer, dans une interview
d'octobre 1988, assure que « les critères élaborés par un groupe
de responsables de haut niveau de 1986 seront examinés avec
soin » (98). Jean
Guitton, dans son livre Silence sur
l'essentiel,
écrivait: « pourquoi n'est-il pas possible de
permettre les deux rites? », formule aussitôt montée en épingle
par Una
voce (99).
Mais de plus graves
préoccupations vinrent bientôt émouvoir le Siège
apostolique: la menace du schisme de la part de Mgr
Lefebvre.
De la menace à la
consommation du schisme
Les
schismes sont pour l'Église l'un des plus grands malheurs.
D'abord parce qu'ils sont une déchirure de cette unité des
fils de Dieu pour laquelle le Christ a versé son sang et
aussi parce que l'histoire montre qu'ils se prolongent
au-delà des siècles: nestorianisme, monophysisme, schisme
grec de 1054, sans parler des crises du 16e siècle et des
Vieux Catholiques. Si la « Petite Eglise » de 1801 en
France s'est en grande partie réconciliée après 150 ans,
c'est qu'elle n'avait pas de hiérarchie pour en assurer la
durée.
Précisément, non seulement
Mgr Lefebvre se comporte de plus en plus comme refusant
l'Eglise conciliaire et ce pape qui rend visite à la
Synagogue et prie à Assise avec toutes les religions; mais
voici que, en février 1987, il admet la possibilité de
devoir procéder à des consécrations épiscopales « non pas
une, mais trois, quatre ou peut-être cinq » (100). Il en
reparle le 29 juin suivant au cours de l'ordination qu'il
célèbre à Ecône (101).
Jean-Paul II nomme alors le
cardinal Edouard Gagnon visiteur apostolique de la
Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X: la nouvelle est
annoncée le 28 octobre 1987 aux participants du Synode des
évêques (102). Un intense travail est entrepris pour tâcher
d'élaborer un statut qui aille jusqu'aux limites possibles
des concessions et évite le schisme. Déjà, parmi les
projets qui circulent, il en est un (103) qui envisage de
concéder « un rite
propre à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X pour les
célébrations et cérémonies de la messe, de l'office divin,
de l'administration des sacrements et sacramentaux, ce rite
propre serait une continuation de la liturgie selon les
livres liturgiques approuvés par l'Église avant le Concile
Vatican II, ou, plus précisément, avant la réforme de Paul
VI »; il aurait
pour support une prélature personnelle selon le canon 518
du nouveau Code et bénéficierait du droit et de l'honneur
que la Constitution Sacrosanctum Concilium
attribue à tous les rites
légitimement reconnus.
Effectivement, le 4 mai 1988,
le cardinal Ratzinger propose à Mgr Lefebvre un protocole
(104), selon lequel la Fraternité serait admise à
bénéficier du statut canonique des sociétés de vie
apostolique; elle jouirait d'« une certaine exemption »; il
n'est question dans ce texte de la liturgie qu'incidemment
(« les rites liturgiques des communautés de la Fraternité
»); toutefois dans la déclaration doctrinale que doit faire
Mgr Lefebvre, il est précisé:
« 3. A propos de
certains points enseignés par le Concile Vatican II ou
concernant les réformes postérieures de la liturgie et du
droit, et qui paraissent difficilement conciliables avec la
Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude
positive d'étude et de communication avec le Siège
apostolique, en évitant toute polémique;
4. Nous déclarons en outre
reconnaître la validité du Sacrifice de la messe et des
sacrements célébrés avec l'intention de faire ce que fait
l'Église et selon les rites indiqués dans les éditions
typiques du missel et des rituels des sacrements promulgués
par les papes Paul VI et Jean-Paul II. »
On ne pouvait vraiment pas
aller plus loin dans l'indulgence. Mgr Lefebvre signa le 5
mai et renia sa signature le lendemain. Les dramatiques
adjurations du pape, des Présidents des Conférences
épiscopales de France, Allemagne et Suisse, du cardinal
Ratzinger, rien n'y fit. Le 30 juin, Mgr Lefebvre, assisté
de Mgr Antonio De Castro Mayer, ancien évêque de Campos
(Brésil), ordonna quatre évêques, encourant ainsi
ipso facto
l'excommunication. En
réalité, le schisme était déjà consommé dans son esprit,
lorsqu'il écrivait l'année précédente: «
la chaire de Pierre et
les postes d'autorité de Rome étant occupés par des
antichrists... »
(105). Mais les dispositions du protocole qui lui avait été
proposé et qu'il a rejeté vont donner lieu à de nouveaux et
difficiles problèmes.
Le Motu proprio «
Ecclesia Dei afflicta » et les problèmes de son
application
En effet,
dès le 2 juillet, Jean-Paul II signe un Motu proprio
Ecclesia Dei
afflicta (106).
Il y exprime sa douleur du schisme qui vient d'être
perpétré et propose des directives qui devraient favoriser
le retour des égarés. Parmi ces directives, il y a d'abord
l'appel à tous les chrétiens pour une réflexion sur la
vraie nature de la Tradition et sa continuité et pour un
approfondissement de leur fidélité au magistère qui en est
l'interprète authentique. Mais il faut aussi que tous
prennent « une
conscience nouvelle non seulement de la légitimité mais
aussi de la richesse que représente pour l'Église la
diversité des charismes et des traditions de spiritualité
et d'apostolat ».
Et « à tous ces
fidèles catholiques qui se sentent attachés à certaines
formes liturgiques et disciplinaires antérieures de la
tradition latine », le pape désire manifester sa volonté
« de leur
faciliter la communion ecclésiale grâce à des mesures
nécessaires pour garantir le respect de leurs
aspirations ». Il
crée pour cela une commission qui aura pour tâche de
promouvoir le retour à cette communion des communautés et
personnes individuelles liées jusqu'à présent à Mgr
Lefebvre, en leur permettant de conserver «
leurs traditions
spirituelles et liturgiques à la lumière du
Protocole » du 5
mai. Il ajoute: « on devra partout respecter les
dispositions intérieures de tous ceux qui se sentent liés à
la tradition liturgique latine, et cela par une application
large et généreuse » de l'Indult de 1984.
C'est le cardinal Aggostino
Mayer, ancien Préfet de la Congrégation pour les sacrements
et le culte divin, qui fut mis à la tête de cette
Commission, constituée dès le 9 juillet. Il estima devoir
agir avec hâte, car le 19 de ce même mois, un certain
nombre de membres de la Fraternité d'Ecône, ayant rompu
avec celle-ci, fondaient une nouvelle Fraternité sous le
patronage de saint Pierre; elle recevra, dès le 18 octobre,
son statut canonique (107). Dans le Midi de la France, Dom
Gérard Calvet et ses moines du Barroux acceptent également
l'accord que leur propose le Saint-Siège (108). Puis ce
sont les religieux de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier,
à Chéméré-le-Roi dans la Mayenne (109). D'une part, ces
réconciliations font apparaître clairement leurs
conséquences canoniques et liturgiques: ce seront des
communautés dépendant directement du Saint-Siège; on leur
accorde « l'usage
en privé et en public des livres liturgiques en vigueur en
1962 pour les membres des communautés et ceux qui
fréquentent leurs maisons », avec « le droit pour les fidèles d'y
recevoir les sacrements selon les livres
octroyés » (110).
Quant aux ordinations, elles comporteront même les degrés
que Paul VI avait supprimés par Ministeria
quaedam.
Mais d'autre part, tout cela
ne va pas sans quelques difficultés et des éclats. Les
évêques et les Supérieurs généraux des communautés
concernées se plaignent publiquement de n'avoir pas été
informés à l'avance et de n'avoir pas eu un contact
suffisant avec le cardinal Mayer (111) Celui-ci avoue «
quelques gaffes » (112). Dom Calvet explique, dans le
journal Présent qu'il a mis deux conditions à sa
réconciliation: « que cet événement ne soit pas un
discrédit porté sur la personne de Mgr Lefebvre..., que
nulle partie doctrinale ou liturgique ne soit exigée de
nous et que nul silence ne soit imposé à notre prédication
antimoderniste »;
il ajoute: « la
raison peut-être dominante qui nous a inclinés à recevoir
la levée de la suspense a divinis de nos prêtres relève
d'un point de vue missionnaire: ne faut-il pas que le
maximum de fidèles puissent assister à nos messes et à nos
fêtes liturgiques sans être entravés par leurs aumôniers ou
leurs évêques? »
Les réconciliations donnent lieu à des cérémonies
cardinalices: ordinations, consécration d'église,
bénédiction abbatiale; le cardinal Ratzinger lui-même
présidera la fête de Pâques 1990 au Séminaire de la
Fraternité Saint-Pierre à Wigradzbad, ce qu'une presse
intégriste ne manquera pas de commenter (114); il donnera,
datée du 18 juillet 1990, une préface à la réédition par Le
Barroux d'un ancien missel pour fidèles. D'où divers
échanges difficiles du cardinal Mayer à Lourdes avec la
Conférence épiscopale française à l'automne 1988 (115) et
une réunion à Rome, le 16 mai 1989, en présence du pape,
des Présidents des Conférences épiscopales d'Angleterre,
Allemagne, France, Suisse avec les cardinaux Ratzinger,
Mayer, Martínez Somalo (alors Préfet de la Congrégation du
culte divin) et un représentant de la Secrétairerie d'État
(116).
Or, l'activité de la
Commission présidée par le cardinal Mayer ne se limita pas
à travailler à la réconciliation des sectateurs de Mgr
Lefebvre. Dès le 22 juillet 1988, le cardinal écrivit à Mgr
May, président de la Conférence épiscopale des États-Unis,
pour que, selon le récent Motu proprio, les évêques fassent
« une application large et libérale des normes » contenues
dans l'Indult de 1984: « ne serait-il pas en effet regrettable
que ceux qui sont restés fidèles à l'obéissance au
Saint-Père et à leur clergé local, au prix souvent de
grandes souffrances, soient mis dans une position bien pire
que la position de ceux qui ne rentrent que maintenant dans
la pleine communion ecclésiale? » (117). Le 18 octobre, le cardinal Mayer
demandait et obtenait du pape un Rescriptum audientia
donnant à sa Commission,
entre autres facultés, celle de « concéder à tous ceux qui le demandent
l'usage du Missel romain selon l'édition typique en vigueur
en 1962, et cela selon les normes proposées en décembre
1986 par la Commission cardinalice ad hoc, l'évêque
diocésain ayant été averti au préalable
», et d'ériger canoniquement
les communautés et les associations de fidèles «
qui sont attachées aux
formes antérieures, liturgiques et disciplinaires, de la
tradition latine » (118).
D'Amérique viendra enfin, en
1991, l'initiative d'une pétition en vue d'obtenir de Rome
un « Ordinariat traditionnel » (119), appuyée par
l'Association internationale Una voce: à cette éventualité qui comporterait la
possibilité de constituer des paroisses personnelles, le
cardinal Mayer, dans son interview de Trente jours, en juin 1991, n'a pas opposé une fin de
non-recevoir; par ailleurs, il avoue qu'il accorde aux
prêtres qui le demandent, sans avoir besoin du consentement
de l'évêque — celui-ci devant être simplement averti
(praemonito
episcopo),
— la faculté de célébrer, en privé seulement, la
messe de 1962. Il reconnaît que cela soulève de la part des
évêques et des responsables de la pastorale de graves
oppositions (120).
Le cardinal Mayer,
atteignant, le 23 mai 1991, l'âge de 80 ans, son mandat
devait prendre fin: il pensait que la Commission qu'il
présidait pourrait être rattachée à la Congrégation de la
foi (121). Il n'en fut rien: le 1er juillet, le pape
nommait pour lui succéder le cardinal Antonio Innocenti,
qui avait été Secrétaire de la Congrégation pour les
sacrements et le culte divin, puis Préfet de la
Congrégation pour le clergé (122).
Réflexions suscitées
par ces événements
On
comprendra que ce n'est pas sans une profonde émotion que
j'ai essayé de retracer cette histoire; je voudrais, en
conclusion, souligner quelques-uns des problèmes qu'elle
continue de poser, tant sur le plan de la doctrine et de la
spiritualité que du point de vue pastoral.
Il faut tout d'abord dire que
si la réforme liturgique a été réalisée en peu d'années,
elle bénéficiait de la longue préparation que lui avait
assurée le mouvement liturgique en Angleterre, en
Allemagne, en Belgique, en France. Elle est donc non un
travail hâtif, mais le résultat d'une maturation. Certains
éléments de la réforme avaient même précédé le Concile,
échelonnés entre 1911 et 1962. Et s'il est exact que des
professeurs ont joué un rôle important dans la préparation
des nouvelles éditions, il ne faut pas oublier que ce sont
les évêques qui, seuls, décidaient tant dans le Concile que
dans le Consilium
ad exsequendam Constitutionem de sacra
liturgia.
Reconnaissons toutefois que,
dans l'enthousiasme des décisions depuis longtemps
désirées, malgré tout le travail pastoral qu'elles ont
suscité, dans bien des endroits n'a pas été fait un effort
suffisant de catéchèse pour en expliquer à leurs fidèles la
signification profonde. Il fallait pour cela enseigner les
affirmations doctrinales de la Constitution
Sacrosanctum
Concilium (art.
1-10). Le cardinal Ratzinger, cité plus haut, résumait le
but poursuivi par le Concile en une belle formule: «
rendre plus transparente
l'expression de la foi » (123). Ce n'est pourtant pas assez
dire, car il faut expliquer la vraie nature et les
implications de cette participation active sur laquelle les
papes de la première moitié de ce siècle ont tant insisté.
Et de même, pour la mise en valeur de la parole de Dieu, la
préparation des prêtres et des catéchistes s'est révélée
bien insuffisante (124).
Par ailleurs, on ne dira
jamais assez combien la réforme liturgique a été desservie
par tous ceux qui l'ont traitée avec désinvolture,
s'adonnant à leur « créativité », ajoutant des fantaisies
ou excentricités de leur cru, malmenant leurs fidèles... Et
pourtant, que de fois le Siège apostolique, les Commissions
épiscopales de liturgie et les évêques locaux ont rappelé
le grand principe de Sacrosanctum
Concilium:
Nemo alius,
etiamsi sit sacerdos, quidquam proprio marte in liturgia
addat, demat aut mutet (art. 22, § 3).
Tout cela explique bien des
résistances à la réforme et nous interpelle gravement.
Mais surtout dans la grande
douleur causée par le schisme de 1988 et dans l'effort
intense de charité qu'a manifesté le Motu proprio
Ecclesia Dei
afflicta et sa
mise en application, on ne devra pas oublier que
l'opposition à la réforme liturgique était liée à d'autres
oppositions, et notamment le refus de certains
enseignements du Concile: nous avons cité plus haut sur ce
point les remarques de Paul VI (125). L'équivoque n'a
peut-être pas toujours été levée avec netteté lors de telle
ou telle réconciliation. Et dans le chassé-croisé des
conférences de presse, interviews et articles, sont
brandies des notions qui demandent à être précisées.
C'est le cas surtout de la
notion de tradition, comme le souligne le Motu proprio du 2
juillet 1988. Car l'Église est vivante: elle est animée par
l'Esprit Saint qui la conduit pour faire face aux questions
et aux épreuves de chaque époque, pour exprimer la
Révélation du Christ dans le langage et les mentalités de
chaque peuple et, par là même, en acquérir une intelligence
accrue.
D'ailleurs, toutes les
réformes mises en branle par Vatican II n'ont voulu être
qu'une mise en valeur de la Tradition: l'article 50 de la
Constitution liturgique demandait que « le rituel de la messe soit révisé de
telle sorte que se manifestent plus clairement le rôle
propre ainsi que la connexion mutuelle de chacune de ses
parties, et que soit facilitée la participation pieuse et
active des fidèles », — cette participation dont le
cardinal Ratzinger cité plus haut disait que le
développement que lui a permis le Concile est un progrès
auquel « personne ne veut plus renoncer ». Et n'en
dirait-on pas de même de la valeur redonnée à la
proclamation de la parole de Dieu? Mais l'article 50
continuait: « En
gardant fidèlement la substance des rites, on les
simplifiera »:
qui niera combien c'était nécessaire? « On omettra ceux qui, au cours des
âges, ont été redoublés ou ont été ajoutés sans grande
utilité; on rétablira, selon l'ancienne norme des saints
Pères, certaines choses qui ont disparu sous les atteintes
du temps, dans la mesure où cela apparaîtra opportun ou
nécessaire. »
Or les attaques contre la
doctrine de Vatican II et contre la réforme liturgique
visent souvent des affirmations, des formes ou des
expressions qui sont traditionnelles, mais qui demeuraient
ignorées de bien des chrétiens, habitués à «la foi du
charbonnier », c'est-à-dire restés figés sur la lettre du
catéchisme de leur enfance. Rappelons-nous la formule citée
plus haut du cardinal Ratzinger: « il faut dire aux adeptes du [Missel]
Tridentin que la liturgie de l'Eglise est aussi vivante que
celle-ci » (126).
Les chrétiens, face à la situation du monde d'aujourd'hui,
sont affrontés de façon nouvelle au problème de
l'évangélisation et de leur propre vie spirituelle. C'est
au progrès de notre foi et de notre qualité de témoins du
Christ devant nos contemporains que nous sommes provoqués:
qui dit progrès, dit effort en avant, non retour en
arrière. C'est à ce double progrès, donc à une conversion,
à un dépaysement que nous a invités le IIe Concile du
Vatican, comme l'a fait, à une autre époque troublée, le
Concile de Trente. De même donc qu'il faut refréner les
excès de ceux qui veulent aller trop vite et introduire des
changements de leur propre cru, de même doit-on éviter
d'encourager ou de renforcer la rigidité de ceux qui
n'admettent aucun progrès ou même cherchent à retourner en
arrière; leur traditionalisme n'est pas fidélité à la
Tradition: l'usage d'un Missel antérieure à Vatican II les
empêchera donc même de célébrer les saints inscrits
ultérieurement au calendrier de l'Église universelle?
Et l'on a aussi tendance à
négliger l'enseignement du Concile sur l'Église locale,
formulé dans Sacrosanctum Concilium
avec les termes mêmes de
saint Ignace d'Antioche et de saint Cyprien:
« Praecipuam
manifestationem Ecclesiae haberi in plenaria et actuosa
participatione totius plebis sanctae Dei in iisdem
celebrationibus liturgicis, praesertim in eadem
eucharistia, in una oratione, ad unum altare cui praeest
episcopus, a suo presbyterio et ministris circumdatus. »
(Art. 41.)
Par-delà la diversité des
âges, des engagements, voire des cultures, c'est la
liturgie qui doit manifester et unir l'Eglise locale, avec
sa bigarrure, ses tensions même, jusqu'à n'avoir plus qu'«
un coeur et une âme ».
Les diversités liturgiques, à
leur origine, ont été avant tout territoriales, locales:
saint Augustin donne comme ligne de conduite aux chrétiens
qui voyagent de suivre l'usage de l'Église où ils se
trouvent — sa mère Monique l'avait appris à ses
dépeins à Milan (127). S'il existe une pluralité de rites,
que l'Eglise vénère, ce sont tous des rites locaux, qui ne
sont devenus personnels que par le fait de la diaspora, des
émigrations. Leur juxtaposition et leur enchevêtrement
aujourd'hui dans les grands centres de l'Orient et surtout
à Jérusalem font regretter la liturgie que décrivait au 4e
siècle Egérie dans son Pèlerinage: rencontre multilingue autour de
l'unique évêque dans la basilique de l'Anastasis. Face au
pullulement moderne des sectes et des dissidences, il
semble que le besoin d'unité est encore plus pressant
aujourd'hui. Peut-être est-ce là le principal sujet
d'inquiétude que posent ces communautés ou sociétés
reconnues ou érigées par la Commission que présidait le
cardinal Mayer: une revendication liturgique peut-elle les
justifier de façon stable et quasi définitive? Est-ce une
valeur spirituelle proprement dite? Et comment par ailleurs
pourra se concilier l'activité de ces groupes avec la
pastorale diocésaine et nationale (128)?
Jean-Paul II, dans le Motu
proprio Ecclesia
Dei afflicta,
demande que l'on prenne « une conscience nouvelle non seulement
de la légitimité mais aussi de la richesse que représente
pour l'Eglise la diversité des charismes et des traditions
de spiritualité et d'apostolat ». C'est l'effort qui s'impose en effet à
la pastorale d'aujourd'hui, comme le montrent les travaux
de ces divers conseils dont les évêques doivent s'entourer
d'après le droit de 1983: synode diocésain, conseil
presbytéral, conseil pastoral... Mais les charismes doivent
être jugés, les traditions d'apostolat adaptées aux
conditions de temps et de lieux. Quant aux spiritualités,
si elles doivent aussi faire l'objet d'un grand respect,
elles doivent être intégrées dans la vie communautaire,
qu'elles enrichissent, et ne peuvent être un motif de
sécession...
« Pouvoir exprimer tout
particulièrement des valeurs de révérence au mystère
divin », selon la
formule du cardinal Mayer (129), cela sera bénéfique à
toute la communauté ecclésiale si ce désir s'exprime en son
sein même, dans ces échanges où l'on prépare ensemble les
manifestations de la vie liturgique; c'est là que les uns
comprendront qu'ils doivent lutter contre le laisser-aller,
la vulgarité, le tapage, la fantaisie, et que les autres
découvriront peu à peu comment la liturgie d'aujourd'hui
est bien la liturgie de toujours, mais qu'ils avaient à la
redécouvrir par-delà ce qu'ils croyaient être « la foi des
anciens jours ».
Aimé Georges MARTIMORT.
Notes:
Abréviations: AAS = Acta apostolicae
Sedis.
BUGNINI = A. BUGNINI, La riforma liturgica
(1948-1975), Roma, Edizioni
liturgiche, 1983 (Bibliotheca Ephemerides liturgicae,
Subsidia 30).
DC = Documentation
Catholique.
EDIL = R. KACZYNSKI, Enchiridion documentorum
instaurationis liturgicae, t. I, Torino, 1976; t. II, Roma,
Edizioni liturgiche, 1988. Les chiffres renvoient aux
numéros marginaux.
OLIVI = M. OLIVI, L'integralismo francese e la riforma
litugica del Concilio Vaticano II, dans Ephemerides liturgicae
106, 1992, p.38-67, 117-152.
1. Acta
synodalia...,
vol. I, pars 1, p. 304-664; pars 2, presque entièrement,
soit 784 p., Typogr. Vaticane, 1970, in-4°. — Résumé
complet et objectif: G. CAPRILE, Il Concilio Vaticano
II, vol. 2, Roma,
Civiltà cattolica, 1968.
2. Acta
synodalia...,
vol. I, pars 2, p. 319-320: Emendatio 4, 2033 Placet; Emendatio 5, 2011 Placet; Emendatio 6, 2016 Placet; Emendatio 7, 2044 Placet. Le nombre de votants a oscillé entre
2082 et 2072.
3. Sur ce document, vite oublié d'ailleurs: H.
SCHMIDT, La
Constitution de la sainte liturgie. Texte, Genèse et
Commentaire, Bruxelles, Lumen vitae, 1966, p.72-73; G.
CAPRILE, op.
cit., vol. I,
parte 2, Roma, Civiltà cattolica, 1966, p. 276 et 326; et
surtout BUGNINI, p. 34-36; OLIVI, p. 43.
4. BUGNINI, p. 276; F. LAFAGE, Du refus au schisme, le
traditionalisme catholique, Paris, Ed. du Seuil, 1989, P. 56-65 ;
OLIVI, p. 124-127.
5. EDIL 780; trad. française officielle dans DC 64, 1967,
col. 507.
6. Voir par exemple les réactions citées par OLIVI, p.
49-50, note 63 et passim.
7. BUGNINI, p. 280, notes 12-14.
8. Sur cette première controverse, BUGNINI, p. 158.
L'information sur ces expériences a été donnée déjà par
l'Avaenire
d'Italia du 21
octobre 1965, n° 250, page 2 (précision que m'a aimablement
fournie le Dr Marcello Olivi). — Je possède le double
de la lettre adressée au pape par Mme Boulet.
9. Sur tout le long itinéraire de l'Ordo missae, BUGNINI, p. 332-381; quelques
précisions supplémentaires dans A.-G. MARTIMORT,
Le rôle de Paul VI dans
la réforme liturgique, dans Pubblicazioni dell'Istituto Paulo
VI, 5:
Le rôle de G.B.
Montini-Paul VI dans la réforme
liturgique,
Brescia, 1987, p. 60-68.
10. Sur l'Institutio: C. BRAGA, Punti qualificanti della «
Institutio... »,
dans Liturgia
opera divina e umana (Miscell. Bugnini), Roma; Ed. liturgiche,
1983 (Bibliotheca
Ephemerides Iiturgicae, Subsidia 26), p. 243-261.
11. BUGNINI, p. 381-382, note 53.
12. L'édition originale était une brochure de 32 pages;
celle dont je possède la photocopie comporte 38 pages,
parce qu'elle contient le texte de la lettre des deux
cardinaux. Bon résumé dans BUGNINI, p. 282-284. - C'est une
erreur manifeste d'attribuer ce factum « à douze
théologiens réunis sous la présidence de Mgr Lefebvre » en
1971, comme l'affirme la revue Fideliter, n° 59, septembre-octobre 1987, p. 14,
note 2. En 1983, a paru aux Editions Sainte Jeanne d'Arc de
Villegenon, une éd. française sous le titre:
Bref examen critique du
Nouvel Ordo Missae, Breve esame critico del « Novus Ordo
Missae » (juin 1969), cardinaux Ottaviani et
Bacci, comportant
un Avertissement
de M. L. Guérard Des
Lauriers, o.p., selon lequel le Breve esame serait l'oeuvre de « deux Romaines »,
Vittoria Cristina Guerrini et Emilia Pediconi: «les deux
Romaines... étaient en relation avec de nombreux
ecclésiastiques; quelques-uns, cinq ou six peut-être,
répondirent à l'appel; mais ils n'apportèrent guère qu'une
coopération passive aux quelques réunions hebdomadaires;
cependant le groupe dut beaucoup à un liturgiste
extrêmement distingué, courageux auteur d'articles
critiques qu'il fit paraître dans les journaux romains... »
Mgr Lefebvre, paraît-il, les encourageait; il insista
auprès de M. L. Guérard Des Lauriers pour qu'il fût fait
une traduction française; celle-ci fut publiée au
Lichtenstein, Lumen Gentium, B.P. 34626 Vaduz; cf. aussi
Itinéraires, n° 141, mars 1970, p. 219-251.
13. Mises au point immédiates de Dom Cipriano VAGAGG!NI,
dans la Rivista
del clero italiano 50, 1969, P. 688-699, sous le
titre: Il nuovo «
Ordo missae » e l'ortodossia, et surtout du cardinal G. GARRONE, dans
une interview à Radio-Vatican le 7 novembre: DC 66, 1969,
p. 1093-1094.
14. Note
doctrinale sur le nouvel Ordo
missae, publiée
par la Militia
sanctae Mariae,
citée par DC 67, 1970, p. 342.
15. Texte de la Declaratio dans Notitiae 6, 1969 (n° 11-12), p.417-418, EDIL 1374;
trad. fr. dans DC 67, 1970, p. 215-216.
16. Osservatore
Romano des 20 et
27 novembre; DC 66, 1969, p. 1055-1056 et 1102-1104.
17. Lettre, citée par DC 67, 1970, p. 343, adressée à Dom
Marie-Gérard Lafond pour le remercier de l'envoi de
la Note
doctrinale (ci-dessus, note 14). — Le cardinal
Bacci est mort le 20 janvier 1971; il ne semble pas avoir
rétracté la signature de la Lettre d'envoi du
Breve
esame, pas plus
que la Préface qu'il avait donnée en 1967 au livre de Tito
CASINI, La tunica
stracciata,
odieuse attaque contre le cardinal Lercaro.
18. Note du cardinal Seper à la Secrétairerie d'État, 12
novembre 1969, citée par BUGNINI, p.285.
19. Textes dans Notitiae 6, 1970 (n° 54), p. 170-190 et dans EDIL
1381-1395, 1402, 1443, 1450, 1451, 1455, 1471, 1671.
— Sur tout ceci, BUGNINI, 390-391; P. JOUNEL,
La genèse du
préambule,
dans Célébrer,
Notes de pastorale liturgique 206, juin 1990, p. 4-12.
20. Un premier inventaire a été dressé par BUGNINI, p.
285-293; il s'arrête évidemment à 1975; depuis lors, il
faut surtout citer, limité certes à la France, mais très
complet jusqu'en 1984, OLIVI, op. cit.
21. BUGNINI, p. 286-292; OLIVI, p.54-56 et surtout 117-132.
22. BUGNINI, p. 277 et 286, note 23; —
ibid., p. 279-281, où il relève aussi divers
pamphlets et surtout l'article violent du professeur
allemand H. JEDIN, Storia della Chiesa e crisi della
Chiesa, accueilli
par l'Osservatore
Romano du 13
janvier 1969.
23. BUGNINI, p. 287; OLIVI, p. 58. — Cf. aussi les
manifestations des 28-29 juin 1970 à Rome: BUGNINI, p.
281-285.
24. Communiqué de l'évêché de Nancy dans DC 67, 1970, P.
595; Cf. OLIVI, p. 57-58.
25. Cf. BUGNINI, p. 277; OLIVI, p. 129-131.
26. J'ai la 2e édition de 1968 et la 5e de 1975.
27. Tract signé de lui, mais non daté, distribué à la porte
de certaines églises; j'en ai eu moi-même un exemplaire à
la porte d'une chapelle de Toulouse. — Voir aussi un
autre texte de Coache cité par BUGNINI, p. 277, note 5.
28. Itinéraires, n° 139, janvier 1970, p. 28-73.
29. Sur l'affaire de Saint-Nicolas du Chardonnet et ses
développements: F. LAFAGE, Du refus au schisme...
(supra, note 4), p. 94-103 et
notes 108-120; OLIVI, p. 132-135.
30. F. LAFAGE, op.
cit., p. 73-86;
L. PERRIN, L'Affaire
Lefebvre, Paris,
Cerf, 1989, p. 11-17; M. LEFEBVRE, Mes quarante ans
d'épiscopat,
dans Fideliter, n° 59, septembre-octobre 1987 (en
entier) et n° 60, novembre-décembre 1987, p. 11-20.
31. Sur la liberté religieuse: 23 septembre 1964 (G.
CAPRILE, Il
Concilio Vaticano II, vol. 4, 1966, p. 58); 20 septembre 1965
(G. CAPRILE, op.
cit., vol. 5,
1969, p. 38); le 23 septembre, il n'a pas prononcé une 2e
intervention qu'il avait préparée (G. CAPRILE,
ibid., p. 77); — sur le « Schema XIII
»: 23 octobre 1964 (G. CAPRILE, op. cit., t. 4, p. 265) et surtout l'affaire des
300 signatures (G. CAPRILE, op. cit., t. 5, p, 119-121, 402-411).
32. Acta et
documenta Concilio oecumenico Vaticano II
apparando, ser.
2, vol. 2, pars 3, Typis polyglottis Vaticanis, 1968, p.
98-99, 142, 314, 365, 384-385, 491; cf. 393, 1080. —
OLIVI, p. 44-46.
33. Interview dans Trenta giorni, febbraio 1987, p. 11: « A noi risulta
che Lei voto' a favore del decreto sulla liturgia ».
— Lefebvre: « Si', devo ammetterlo, ma non potevo
prevedere fino a dove si spingesse la riforma liturgica. »
34. Acta
synodalia...,
vol. 1, pars 1, 1970, p. 633-634 (26 octobre 1962).
35. Cf. Interview de Trenta giorni, loc. cit.: « ... E che [Lei] celebrò per alcuni
anni la messa secondo il nuovo rito ». — Lefebvre: «
Ho celebrato secondo le nuove direttive liturgiche del
1965, mai secondo quelle definitive del 1968, che recano la
firma di monsignor Bugnini ».
36. L. PERRIN, op.
cit., p. 17; M.
LEFEBVRE, Mes
quarante ans d'épiscopat, dans Fideliter n° 59, 1987, p. 54-59.
37. Fideliter, n° 59, septembre-octobre 1987, p.
58-59; n° 60, novembre-décembre 1987, p. 14-15.
38. F. LAFAGE, op.
cit., p.
87-88; Fideliter, n° 59, septembre-octobre 1987, p.
60-61.
39. F. LAFAGE, op.
cit., p. 88.
40. Cette lettre est mentionnée par F. LAFAGE,
op.
cit., p. 89.
41. L. PERRIN, op.
cit., p. 25.
— La Notificatio de la Congrégation du culte divin dont il
sera question plus loin est du 14 juin 1971.
42. Un second tome de Un évêque parle
paraîtra en 1986 aux mêmes
éditions DMM à Jarzey.
43. BUGNINI, p. 292; F. LAFAGE, op. cit., p. 90-91; L. PERRIN,
op.
cit., p. 26.
44. Reproduit dans L. PERRIN, op. cit., p. 121-122; F. LAFAGE,
op.
cit., p. 137-138
et, partiellement, en italien, par BUGNINI, p. 292-293.
45. Sur tout cela, L. PERRIN, op. cit., p. 26-27; liste des divers documents et
décisions dans Trenta giorni, febbraio 1987, p. 14-15 textes dans DC
72, 1975, p.544-546, 611-616, 739-741; 73, 1976, p.32-35,
717-719.
46. AAS 68, 1977, p. 374-375; EDIL 3478.
47. Voir par exemple dans Le Monde du 19 mai 1977, page 23, la déclaration
de Mgr Lefebvre en Vendée; dans Le Monde du 24/25 mai 1977, le récit de la
fastueuse cérémonie du 22 mai à Saint-Nicolas du Chardonnet
où Mgr Lefebvre a confirmé 140 enfants « selon le rite de
toujours ». — Il faut reconnaître que la préparation
de l'Ordo
Confirmationis par le Consilium, puis par la Congrégation du culte
divin, et celle de la Constitution apostolique
Divinae consortium
naturae furent
longues et difficiles: BUGNINI, p. 596-608, et que les
solutions adoptées n'ont pas fait l'unanimité des
spécialistes, cf. L. LIGIER, La Confirmation, sens et conjoncture
oecuménique hier et aujourd'hui, Paris, Beauchesne, 1973, p. 19-38.
48. EDIL 2877-2893.
49. Voir les dossiers publiés par DC 73, 1976, p. 712-719,
781; cf. Y. CONGAR, A propos d'Ecône et de la présente
tempête, ibid.,
p. 789-791; A. DESCAMPS, Commentaire...,
ibid., p.
939-940.
50. Voir Le
Monde, 25 août
1976, p. 5; 28 août, p. 6; 31 août, p. 7; DC 73, 1976, p.
810-815. — Paul VI accepte de recevoir Mgr Lefebvre à
Castelgandolfo le 11 septembre 1976; DC, ibid., p. 810-817,
mais sans résultat: Lettre de Paul VI du 11 octobre
suivant, DC, ibid., p. 1056-1061; texte latin dans
Notitiae
12, 1976, p. 417-427.
51. Liste dans F. LAFAGE, op. cit., p. 148-152, mais il est dommage qu'il
ne donne pas la date respective de fondation de chacune de
ces communautés. — Cf. Interview de Mgr Lefebvre
dans Trenta
giorni, luglio
1989, p. 15.
52. AAS 61, 1969, p. 753; EDIL 1990-1991.
53. J'ai la photocopie de ce document, à moi transmis par
le cardinal Guyot, archevêque de Toulouse, qui voulait en
savoir la valeur.
54. AAS 63, 1971, p. 713; EDIL 2578.
55. BUGNINI, p. 295, note 41.
56. Texte de cette lettre dans mes dossiers et extraits
dans BUGNINI, p. 296 (avec la lettre du pape à Mgr
Bugnini); cf. aussi Notitiae 17, 1981, p.607.
57. Lettres d'Eric de Saventhen 31 août et 23 octobre 1971:
BUGNINI, p. 293-294; cf. aussi la lettre publiée dans I 9,
1973, p. 48.
58. Commentaire: Unicuique
suum, dans
Notitiae,
ibid. Mais voir
dans BUGNINI, p. 295, la Lettre de la Congrégation du culte
divin à la Secrétairerie d'Etat du 29 juin 1973.
59. Texte dans Notitiae 10, 1974, p. 353; EDIL 3317; —
circonstances de cette Notificatio: BUGNINI, p. 297-299.
60. J. GUITTON, Interview dans l'Express, 11-17 juillet
1977, p. 70.
61. Texte de la Lettre dans Notitiae 12, 1976, P. 417-427; trad. fr. dans DC
73, 1976, p, 1056-1061. La citation que j'en extrais est
dans Notitiae, p. 423 et dans DC, p. 1059. Cf. aussi
Allocution de Paul VI au Consistoire secret du 24 mai 1976,
DC 73, 1976, p. 558.
62. Michel Ciry, Michel Droit, Jean Dutourd, Colonel Rémy
(= Gilbert Renault), Michel de Saint-Pierre, Louis
Salleron, Henri Sauguet, Gustave Thibon: un bon nombre
d'entre eux faisaient partie en 1970 des « Silencieux de
l'Eglise ».
63. Texte de la Supplique dans Itinéraires 206, septembre-octobre 1976, p. 282-287;
cf. Le
Monde, 10 août
1976, page 4.
64. Lettre du cardinal Knox, Préfet de la Congrégation des
Sacrements et du culte divin au cardinal Secrétaire d'Etat,
30 mai 1977 (Prot. CD 621/77).
65. Notitiae 17, 1981, p. 607-608.
66. Le
Monde, 3 juin
1977, p. 18, etc.
67. L'Express, 4-10 juillet 1977, p. 71-72.
68. M. LEFEBVRE, dans Trente jours, juillet 1989, p. 20. — Il faut
évidemment lire avec critique ce compte rendu, qui est
l'interprétation de Mgr Lefebvre et est postérieur de douze
ans à l'audience. — Cf. aussi L. PERRIN,
op.
cit., p. 33-34;
OLIVI, p. 143.
69. L. PERRIN, op.
cit., p.
34; Trenta
giorni, febbraio
1987, p. 15.
70. Texte français: DC 77, 1980, p. 307; texte latin: AAS
72, 1980, p. 135; EDIL 3935. A cet endroit, la lettre
renvoie aux décisions précédentes, notamment à la
Notificatio de 1971. — Cf. Commentaire de P.-M. Gy,
dans La
Maison-Dieu, 141,
1980, p. 26-27.
71. « Auctoritate superiore ita disponente »:
Notitiae
17, 1981, p. 589.
72. Notitiae 17, 1981, p. 588-611; cf. OLIVI, p.
144-146.
73. Notitiae,
ibid., p. 609. II
s'agit de Mgr Antonio de Castro Mayer, évêque de Campos
(Brésil), que nous retrouverons plus loin, lors de
l'ordination épiscopale schismatique de 1988.
74. Je la citerai d'après l'édition française de
Communio, p. 39-49.
75. Ibid., p. 47-49.
76. Ibid., p.39.
77. Ibid., p. 40-41.
78. Ibid., p.42.
79. Ibid., p.45.
80. Ibid., p. 45-46.
81. Ibid., p.44.
82. Ibid., p.43.
83. Ibid., p.44.
84. Ibid., p.43.
85. Ibid., p. 43-44.
86. Ibid., p.40.
87. Ibid., p.41.
88. Editio
typica, 21 mars
1969, p. 53-177. Ce Commentaire a été rédigé par Mgr P.
Jounel.
89. Communio p. 42.
90. Ibid.
91. P. 42-43. — Sur les innovations arbitraires, les
réprobations épiscopales n'ont pas manqué dès 1966: G.
CAPRILE, dans La
Costituzione sulla sacra liturgia, Torino-Leumann, ElleDiCi (1968), p.
1078-1083; notamment de la part de la Conférence épiscopale
allemande: Notitiae 3, 1967, p. 29-32; Déclaration du
Consilium
29 décembre 1966:
Notitiae
3, 1967, p. 37-38; EDIL
691-693; Conférence de presse de Mgr Bugnini, 4 janvier
1967: Notitiae 3, 1967, p. 39-46; Epistola ad Praesides
Conferenriarum,
21 juin 1967: Notitiae 3, 1967, p. 289-296; EDIL 974-988; DC 64,
1967, p. 1555-1562. Sur la crise hollandaise de 1966-1967:
BUGNINI, p. 113-117.
92. Relatio de la réunion, signée du cardinal
Ratzinger.
93. Lettre du cardinal Secrétaire d'Etat au cardinal
Casoria, 18 mars 1984.
94. Chirografo de Jean-Paul II, Quoniam in celeri rerum
cursu du 5 avril
1984.
95. Texte dans Osservatore Romano
du 17 octobre 1984 et
dans Notitiae 21, 1985, p.9-10; trad. fr. dans DC 81,
1984, P. 1124-1125; Cf. OLIVI, p. 146-151. Cf. commentaire
de Mgr A. MAYER, alors Pro-Préfet de la Congrégation pour
le Culte divin, le 26 octobre 1984, dans
Atti del Convegno dei
Presidenti e Segretari delle Commissioni nazionali di
liturgia, Padova,
Ed. Messaggero, 1985, p. 928-930.
96. DC 83, 1986, p. 39 et 40.
97. Indication donnée par le cardinal Mayer dans
Trenta
giorni, giugno
1989, p. 51 et dans Trente jours, juin 1991, p. 60: « elle avait proposé
de les élargir [les conditions de l'indult], laissant comme
unique et nécessaire condition que celui qui voulait
bénéficier de l'indult devait reconnaître la validité
juridique et doctrinale de la nouvelle liturgie. »
Una voce
(éd. italienne), p. 91-92,
gennaio-lugilo 1990, p. 4-5, croit pouvoir donner des
précisions sur cette Commission et les Normae qu'elle proposait.
98. Trente
jours, octobre
1988, p. 32.
99. Una
voce 131,
novembre-décembre 1986, p. 1.
100. Intervista dans Trenta giorni, febbraio 1987, p. 16.
101. L. PERRIN, op. cit., p. 34.
102. Cf. J. VENDRISSE, dans Figaro, 30 octobre 1987, p. 11.
103. Rendu public par Trente jours, novembre 1987, p. 10-11.
104. Sur la préparation de ce protocole, sur son texte et
sur les échanges de lettres qui suivirent: DC 85, 1988, p.
733-740. Voir aussi L'Homme
nouveau, 3
juillet 1988, p. 7-9.
105. Lettre du 29 août 1987: DC 85, 1988, p. 733-734. Dans
cette lettre, Mgr Lefebvre précise pourquoi il voulait
ordonner des évêques: « Le but principal de cette
transmission est de conférer la grâce de l'ordre sacerdotal
pour la continuité du vrai Sacrifice de la sainte Messe et
pour conférer la grâce du sacrement de confirmation aux
enfants et aux fidèles qui vous le demandent. »
106. AAS 80, 1988, p. 1495-1498; trad. fr. dans DC 85,
1988, p. 788789.
107. Cf. Intervista du cardinal Mayer dans
Trenta
giorni, giugno
1989, p. 51; L'Homme
nouveau, 7-21
août 1988, p. 8.
108. Lettre des cardinaux Ratzinger et Mayer, 25 juillet
1988, DC 85, 1988, p. 931-932.
109. 28 octobre. — Cf. Le Monde, 2 décembre 1988; voir aussi
Courrier de la
Mayenne, 2
décembre 1988; La
Croix, 2 février
1989.
110. Lettre des cardinaux Ratzinger et Mayer citée note
108.
111. Par exemple, Mgr Schwery, évêque de Sion, 8
septembre: Le
Monde, 11-12
septembre 1988.
112. Trente
jours, juin 1991,
p. 62; « quelques erreurs », p. 61.
113. Présent, 18 août 1988, reproduit dans
La Croix
du 20 août, p. 10.
114. Présent, 16-18 avril 1990; Deutsche
Tagespost, 14
avril 1990; Una
voce n° 152,
mai-juin 1990; The
Wanderer, 26
avril 1990.
115. Conférence de presse de Mgr Joseph Duval:
La
Croix, 27 octobre
1988, p. 16;
Interview du cardinal Mayer, La Croix, 25 octobre 1988, p. 16.
116. Je ne les connais que par les informations données
dans Trenta
giorni, giugno
1980, p. 48 et Présent du 15 décembre suivant, p. 5; cf.
aussi Una
voce (éd.
italienne), n. 91-92, 1990, p. 9-10.
117. The
Wanderer, 26
avril 1990, p. 8; trad. française de la lettre dans
L'Homme
nouveau du 19
mars 1989, p. 5. Elle n'a jamais été publiée dans
Newsletter, le Bulletin officiel de la Commission
liturgique épiscopale des États-Unis.
118. AAS 82, 1990, p.533-534; trad. fr. dans DC 87, 1990,
p. 880. C'est ainsi que, bénéficiant d'un Rescrit de la
Commission Ecclesia Dei afflicta
du 22 février 1989, les
abbayes de Fontgombault et de Randol ont repris la
célébration de la messe conventuelle selon le Missel de
1962: cf. La
Croix des 22-24
avril 1989.
119. Texte dans The Wanderer, 14 mars 1991; cf. cardinal Mayer,
dans Trente
jours, juin 1991,
p. 62. — Sur d'éventuelles démarches
françaises: Valeurs actuelles
du 6 août 1990.
120. Trente
jours, juin 1991,
p. 61-62. Le cardinal Mayer a donné de nombreuses
interviews: j'ai relevé déjà celles de La Croix, 25 octobre 1988; Trente jours, octobre 1988; Trenta giorni, giugno 1989, puis Trente jours, juillet 1989...
121. Trente
jours, juin 1991,
p. 62.
122. AAS 93, 1991, p.631.
123. Dans Communio, novembre 1977, éd. fr., p. 42.
124. Cf. mon article La Constitution « Sacrosanctum
Concilium », vingt-cinq ans après, dans Notitiae 25, 1989, p. 51-67.
125. Supra, p. 97.
126. Article cité note 124.
127. S. AUGUSTIN, Epist. 54-55, Ad inquisitiones
lanuarii, éd. A.
Goldbacher, part 2 (CSEL 34), p. 158-213; —
Confessions, Livre 6, 2, 2, éd. P. de Labriolle, t.
1, Paris, Belles Lettres, 1933, p. 118-120.
128. Sur l'appartenance et le dévouement à l'Église
particulière, cf. JEAN-PAUL II, Exhortation
apostolique Pastores dabo
vobis, 25 mars
1992, n° 31; DC 89, 1992, p. 469. — Le cardinal Mayer
a dû préciser, dans une lettre du 2 juin 1989 à
l'archevêque d'Avignon: « La permission d'user des livres
liturgiques est limitée au monastère; en dehors du
monastère, elle n'est donnée que pour le missel et le
bréviaire, non pour le rituel et le pontifical »; —
corrigeant ainsi ce qu'il avait écrit au même destinataire
le 5 avril précédent: « La Commission Ecclesia Dei a concédé à la communauté du Barroux;
dans l'église du monastère et au-dehors, l'usage des quatre
livres liturgiques utilisés avant la réforme liturgique, à
savoir: le missel, le bréviaire monastique, le rituel et le
pontifical. En ce qui concerne le rituel du mariage et
celui du baptême, la célébration du sacrement sera toujours
précédée de la préparation sacramentelle en usage dans le
diocèse, et respectera également les formalités requises
par le Code de droit canonique. »
129. Trente
jours, juin 1991,
p. 60.