Grâce au pas accompli
par Mgr Rangel
Paroles du cardinal Darío Castrillón
Hoyos lors de l'érection de l'administration apostolique
personnelle « Saint Jean-Marie Vianney
»
Le
vendredi 18 janvier, en la cathédrale du Très-Saint-Sauveur
de Campos (Brésil), a eu lieu l'Acte d'érection de
l'Administration apostolique personnelle « Saint Jean-Marie
Vianney ». Au cours de la célébration, le cardinal Darío
Castrillón Hoyos, Préfet de la Congrégation pour le Clergé
et président de la Commission pontificale «
Ecclesia Dei
», a remis au nouvel
Administrateur apostolique, Mgr Licinio Rangel, le texte de
la Lettre pontificale (DC 2002, n. 2268, p. 354) par laquelle
Jean-Paul II a accueilli l'évêque brésilien dans la pleine
communion ecclésiale. Nous publions le texte de
l'allocution que le cardinal Castrillón Hoyos a prononcée à
cette occasion (*):
1. Dans l'indicible réalité du Corps
mystique du Christ qu'est l'Église, grand est le Seigneur
qui, au plus profond de sa miséricorde, a préparé ce moment
de sainte joie.
J'aime à penser que la Sainte
Vierge, qui a avancé l'heure du Seigneur à Cana de Galilée
(cf. Jn 2, 15) et qui a été le coeur ecclésial du Cénacle
en se montrant Mère et Reine des Apôtres (Cf. Ac 2, 14), a
suivi ce chemin, attentive comme toujours.
Il n'a pas échappé au
Saint-Père que la lettre par laquelle notre cher Frère, Mgr
Licinio Rangel, avec les prêtres de l'Union Saint
Jean-Marie Vianney, s'était adressé à lui, portait la date
de la solennité de l'Assomption de la Très Sainte Vierge
Marie, le 15 août 2001. Le Pape du « Totus Tuus »
ne pouvait, le coeur
débordant de joie, qu'accepter la requête que vous avez
avancée d'être accueilli dans la plénitude de la communion
et de recevoir la reconnaissance juridique de votre
réalité, en tant que catholiques au sein de l'unique
Église.
Je vous apporte donc le coeur
paternel du Vicaire du Christ, Pasteur universel, Pierre
sur laquelle le Christ a voulu bâtir son Église. Je vous
apporte les bras grand ouverts de Jean-Paul II, Pierre
d'aujourd'hui; ce sont des bras qui, comme la colonnade de
la place Saint-Pierre, s'ouvrent dans une étreinte
universelle qui est, en même temps, une invitation
pressante à l'unité, à la communion et à la mission!
2. Il est vrai que nous vivons des temps
difficiles, il est vrai que le navire de l'Église doit
traverser des eaux houleuses sous des vents et des
idéologies parfois anti-humaines. Il est vrai que certaines
brèches dans les aspects historiques et humains peuvent
laisser s'infiltrer l'eau à l'intérieur de la barque, comme
ce fut déjà le cas quand, sur le lac de Génésareth, les
Apôtres, effrayés et angoissés, se sont adressés à un
Christ qui semblait dormir: « Domine, salva nos quia perimus!
» (Mt 8, 25).
C'est vrai, mais au-dessus de
toutes nos angoisses, de tous nos doutes, de nos
perplexités et de nos peurs s'élève une voix souveraine, «
la » voix: « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? »
(Mt 8, 26). « Tu
es Petrus et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam et
portae inferi non praevalebunt » (Mt 16, 18). Oui, la barque de Pierre
peut se trouver dans des eaux houleuses, mais elle
bénéficie de la sécurité de l'assistance divine
« semper fluctibus
agitata, et semper victrix », comme avait l'habitude d'affirmer avec
foi saint Alphonse Marie de Liguori.
Le Seigneur Jésus-Christ est
sur la barque, Pierre, principe durable et fondement
visible de l'unité de l'Église (cf. Concile oecuménique
Vatican I, Const. Dog. Pastor
Aeternus), tient
le gouvernail. La Vierge Immaculée continue, dans
l'histoire, à écraser la tête du serpent et ce, jusqu'à la
fin des temps (cf. Gn 3, 15).
Telle est la foi qui a gagné
le monde, telle est la foi que nous nous glorifions de
professer!
3. Avant d'accomplir tout ce qui a été
établi par le Saint-Père Jean-Paul II, je désire adresser
un remerciement véritablement fraternel et cordial aux
vénérés frères Mgr Roberto Guimaraes, évêque de ce diocèse,
pour la généreuse et cordiale collaboration offerte, et à
Mgr Licinio Rangel pour la bonne volonté et le courage pour
le pas accompli. J'adresse un remerciement sincère
également au Père Fernando Rifan, interlocuteur patient et
généreux. Un remerciement chaleureux va aux prêtres de
l'Union « Saint Jean-Marie Vianney » et aux prêtres du
diocèse de Campos, qui à partir d'aujourd'hui, sont réunis
dans le coeur du Bon Pasteur.
Mais c'est un « remerciement
» ému que je dois adresser ici, en présence du Seigneur, à
tous ceux, laïcs, religieux, religieuses, prêtres, qui
partout, ont suivi, soutenu et souvent entouré de leur
prière ce chemin et qui continuent à soutenir la cause
sainte de la tunique sans couture du Christ.
Pour cette sainte cause, pour
laquelle le Sauveur a prié (cf. Jn 17, 626), toute peine
sera toujours vécue avec joie et je crois qu'aucun de nous
ne refusera jamais le travail.
4. « Ubi caritas et amor, Deus ibi est! ».
Que, par l'intercession de
Marie pleine de grâce, la charité et l'amour soient
toujours plus florissants dans ce diocèse de Campos et dans
cette Administration apostolique « Saint Jean-Marie Vianney
» érigée aujourd'hui, réalisant ainsi l'exhortation du Pape
saint Léon le Grand: « Notre unité ne pourra rester solide
si le lien de l'amour ne nous a pas étreints d'une force
indissoluble » (Lettre XIV, 1-2.11 à l'évêque Anastase).
Tel est mon voeu qui se fait
prière.
(*) Texte
original portugais dans I'Osservatore Romano
des 21-22 janvier. Version
française dans I'ORLF du 29 janvier.