Note de Mgr Orchampt à
propos d'une initiative de l'Association
Saint-Pie-V
La presse
locale a transmis une information qui lui a été
communiquée: l'ouverture d'une chapelle à Chemillé, la
venue d'un prêtre pour desservir cette chapelle, la demande
de subsides, tout ceci relevant d'une association dénommée:
« Association Saint-Pie-V . Afin que les chrétiens fidèles
à l'Eglise catholique ne se laissent pas abuser, je tiens à
désapprouver officiellement de telles initiatives.
Je rappelle qu'un prêtre ne
peut exercer un ministère pastoral dans un diocèse sans en
avoir reçu mission de l'évêque. Aussi, le prêtre qui
viendrait desservir la chapelle dont il est question,
n'ayant reçu aucune mission de l'évêque d'Angers,
accomplirait des actes pastoraux et sacramentels illicites.
Les célébrations du mariage et du sacrement de pénitence
seraient invalides.
Je précise que ce rappel vaut
pour les actes pastoraux et sacramentels accomplis par des
prêtres desservant, sans mission de l'évêque, des chapelles
de ce genre, à Angers, Longué, Doué-la-Fontaine.
J'invite les chrétiens à
maintenir leur fidélité à l'Eglise, dans l'authentique
communion avec le Pape et les évêques; ils éviteront ainsi
tout risque de schisme.
J'invite plus encore ceux qui
auraient pu être séduits par les propositions évoquées à
retrouver un contact vivant avec les communautés
paroissiales en lien avec l'évêque.
Angers, le 6 décembre 1977.
† Jean ORCHAMPT,
évêque d'Angers.
(« La
Semaine religieuse d'Angers », 11 décembre
1977.)
Mise au
point
Mgr
ORCHAMPT a publié la mise au point ci-après
dans la Semaine
religieuse d'Angers du 25 décembre 1977, au sujet de
l'invalidité des célébrations du mariage et du sacrement de
pénitence:
A la suite de la « note
officielle » publiée dans la Semaine religieuse
d'Angers, le 11
décembre 1977, concernant l'ouverture d'une chapelle à
Chemillé, à l'initiative de I' « Association Saint-Pie-V
d'Anjou », le président de cette association a fait
paraître une déclaration en plusieurs quotidiens régionaux.
A lire ce texte, certains chrétiens pourraient être
déconcertés (1).
En écartant toute polémique
avec des chrétiens qui, éloignés peut-être pour un temps,
me restent chers, je tiens à assurer que ma déclaration
faite dans la Semaine religieuse, le 11 décembre 1977, est
totalement conforme aux règles des diocèses qui vivent en
communion avec le Pape.
En ce qui concerne le
ministère de « réconciliation » (sacrement de
pénitence), le Concile
Vatican II n'a pas apporté de modification dans le droit de
l'Eglise.
Selon la disposition en
vigueur, depuis le 1er janvier 1971, pour les diocèses de
France (2), tout prêtre d'un diocèse de France a le pouvoir
d'être ministre du sacrement de pénitence en tout diocèse
français, et donc dans le diocèse d'Angers, à condition
qu'il ait reçu ce pouvoir de son évêque et que ce pouvoir
ne lui ait pas été retiré. Il est prévu, en effet, que tout
évêque, conformément au droit, « se réserve de suspendre
l'application de cette disposition pour de graves motifs et
des circonstances particulières (2) ». C'est le cas
lorsqu'un prêtre manifeste par ses paroles et ses pratiques
son désaccord avec les orientations données par Vatican II
ou refuse de reconnaître l'autorité de l'évêque dans son
diocèse. Dans ces conditions, si un prêtre n'a pas reçu
pouvoir de l'évêque, ou se l'ait vu retirer, le sacrement
de pénitence qu'il donne est invalide (c'est-à-dire qu'il
n'y a pas de sacrement), sauf en cas de péril de mort
(Canon 882).
Quant au sacrement de
mariage, il ne peut
être célébré validement que par un prêtre qui a obtenu les
pouvoirs nécessaires.
Le responsable d'une paroisse
érigée canoniquement par l'évêque du diocèse possède ce
pouvoir, de par sa charge (pouvoir ordinaire); le prêtre en
service dans une paroisse possède ce pouvoir grâce à une
délégation permanente attachée à son ministère. L'un et
l'autre peuvent déléguer ou sous-déléguer ce pouvoir à ceux
à qui il peut être légitimement délégué ou sous-délégué. Ce
pouvoir est lié au territoire déterminé sur lequel le
prêtre a reçu son ministère de l'évêque.
En l'absence de ce pouvoir,
ordinaire, délégué ou sous-délégué, la célébration du
mariage est invalide. La seule exception à cette règle
(Canon 1098) s'applique aux cas de danger de mort ou de
situations particulières (impossibilité de contacter un
prêtre autorisé dans des conditions et des délais
convenables).
† Jean ORCHAMPT,
évêque
d'Angers.
(1) Dans cette
déclaration intitulée « Lettre ouverte à Mgr Orchampt,
évêque d'Angers », le président de l'Association
Saint-Pie-V d'Anjou déclare notamment: « Les actes
pastoraux et sacramentels accomplis par des prêtres, des
religieux, comme cela sera à Saint-Léonard de Chemillé sont
illicites, oui, mais valides, des actes licites peuvent
être invalides... Les célébrations du mariage sont valides,
Droit canon n° 1098. Le sacrement de pénitence est valide,
ceci depuis Vatican II, un évêque devrait savoir cela »
(sic). (Note de la Semaine
religieuse.)
(2) Décision prise par l'Assemblée plénière des évêques de
France à Lourdes, 26-29 octobre 1970. (DC n° 1575 du 6 décembre 1970 et S.R.
d'Angers du 20 décembre 1970, p. 734.)