Communiqué de Mgr
Kervennic à propos du prieuré de
Lanvallay
La presse a
fait savoir qu'un « prieuré » se réclamant de Mgr Lefebvre
s'était ouvert à Lanvallay, le 15 août dernier. Je
préférerais garder le silence: on n'a que trop parlé de Mgr
Lefebvre et de ses entreprises.
Mais en fidélité à la mission
dont le Pape Paul VI m'a chargé pour le service de ce
diocèse, je n'ai pas le droit de me taire. Le 28 novembre
1976, jour de mon ordination épiscopale, je me suis engagé
« à garder dans son intégrité le dépôt de la foi selon la
tradition reçue des apôtres, à demeurer dans l'unité de
l'Eglise, avec le Collège des évêques, sous l'autorité du
Successeur de Pierre ».
Ce que j'ai à dire est
pénible, mais simple et clair.
Ce « prieuré » de Lanvallay
n'appartient pas à l'Eglise catholique. Il lui manque le
lien essentiel de la communion avec le Pape et les évêques.
Le prêtre qui s'y trouve a été ordonné par Mgr Lefebvre
dans des conditions illégitimes, en opposition avec la
tradition constante de l'Eglise et malgré l'interdiction du
Pape. Il exerce son activité sans avoir reçu mission de
l'évêque de Saint-Brieuc.
C'est pourquoi j'ai le devoir
de rappeler que, selon le Droit de l'Eglise, il est
interdit à ce prêtre de célébrer les sacrements et
d'accomplir quelque ministère que ce soit. En particulier,
il ne peut validement entendre les confessions ni présider
aux mariages, la juridiction nécessaire lui étant refusée.
Il s'agit là d'une « autre
Eglise » qui essaie de se constituer sous nos yeux.
Cette brisure dans l'unité du
Corps du Christ nous attriste. Qu'elle nous stimule à
rendre encore plus vivantes et fraternelles nos communautés
chrétiennes, en fidélité à Jésus-Christ et à son Eglise.
Nous prierons pour l'unité de
l'Eglise « afin que le monde croie ».
† Pierre KERVENNIC,
Evêque de St-Brieuc et
Tréguier.
(Vie diocésaine de Saint-Brieuc et
Tréguier, 2 septembre 1977.)