Les messes non autorisées

Déclaration des évêques d'Angleterre et du Pays de Galles


     A la suite de la création de « Centres de messe » par des prêtres traditionalistes partisans de Mgr Lefebvre, les évêques d'Angleterre et du Pays de Galles ont publié la déclaration ci-après à l'occasion de la réunion qu'ils ont tenue à Westminster du 11 au 14 octobre (*).

     Aucun d'entre vous n'ignore que, en différents endroits, de petites groupes de catholiques ont créé des « Centres de messe » sans l'autorisation des évêques. Ce qui est en question, ce n'est pas que la messe soit dite en latin ou en anglais, ou qu'elle soit célébrée avec telles cérémonies ou tels rites. Tout cela n'est que le symbole du rejet, par ces groupes, de la nouvelle liturgie et de nombreux décrets de Vatican II.
     Nous voudrions à ce propos vous rappeler que la pierre de touche de la foi catholique est l'unité du diocèse avec son évêque et, à travers lui, avec l'Eglise tout entière et le Pape. Le problème est le suivant: Etes-vous, oui ou non, en union avec votre évêque, les évêques de l'Eglise tout entière et le Pape?
     Telle a été la doctrine de l'Eglise depuis les premiers jours. Saint Ignace d'Antioche, martyrisé en l'an 107, écrivait : « Ayez donc soin de ne participer qu'à une seule eucharistie, car il n'y a qu'une seule chair de Notre-Seigneur Jésus-Christ et un seul calice pour nous unir en son sang, un seul autel, comme un seul évêque et le presbyterium... Tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ sont avec l'évêque. » (
Lettre aux Philadelphiens.)
     Le IIe Concile du Vatican, auquel ont pris part tous les évêques catholiques du monde, fait écho à ces paroles. Nous lisons dans la Constitution dogmatique sur l'Eglise: « Toute célébration légitime de l'Eucharistie est dirigée par l'évêque à qui a été confiée la charge de présenter à la majesté divine le culte de la religion chrétienne et de le régler selon les préceptes du Seigneur et selon les lois de l'Eglise, auxquelles il apporte, pour son diocèse, par son jugement particulier, les déterminations ultérieures. » (
Lumen gentium, 26.)
     Seul l'ordre des évêques, dit le Concile, « constitue en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef, le sujet d'un pouvoir suprême et plénier sur toute l'Eglise » (
ibid, 22).
     Les évêques d'Angleterre et du Pays de Galles ont donc, en conscience, le devoir de vous rappeler:
     1. Que la célébration de la messe, au mépris de l'autorité de l'évêque, est illégale;
     2. Que l'organisation de groupes séparatistes de ce genre est une attaque contre l'unité de l'Eglise qui est le corps du Christ.
     Ce sont là des paroles sévères. Nous ne pouvons en employer d'autres. Nous supplions ceux qui se sont égarés d'y prêter attention, de se rappeler la prière du Seigneur « afin qu'ils soient tous un » (Jn 17).
     Nous demandons à la grande majorité des catholiques qui sont restés fidèles aux évêques et au Pape d'aider les autres par leur sympathie, leur compréhension et leur ferme attachement à l'unité.
     Les groupes dissidents comprennent très peu de membres. Mais s'il n'y en avait qu'un ce serait encore trop.
     Enfin, nous demandons à tous les prêtres et à tous les fidèles de veiller à ce que, lorsqu'on célèbre la messe, on le fasse avec piété et dignité. Qu'aucun mot, qu'aucune action de votre part ne soit pour les autres un scandale qui puisse les égarer plutôt que de les attirer à l'unité de tous les fidèles autour de l'unique autel eucharistique, en union avec l'Eglise tout entière.


(*) Texte anglais dans Briefing (Publications Section of the Catholic Information Office) du 23 octobre. Traduction et titre de la DC.