Après la suspense « a divinis » de Mgr Lefebvre


     Le 22 juillet, Mgr Marcel Lefebvre a reçu communication officielle de la suspense a divinis qui le frappe, sanction qui lui interdit d'exercer désormais les fonctions découlant des ordres sacrés: célébration de la messe, administration des sacrements et prédication.


Une douloureuse décision

     Sous ce titre, l'Osservatore Romano a annoncé et commenté en ces termes la sanction prise contre Mgr Lefebvre (*).

     Le 1er juillet un communiqué concernant Mgr Marcel Lefebvre, ancien archevêque-évêque de Tulle, précisait que, indépendamment de la peine qu'il avait déjà encourue, en vertu du Droit canon, pour avoir conféré de manière illégitime les ordres sacrés, était examiné par le Saint-Siège l'aspect particulier et plus grave de sa désobéissance envers le Saint-Père lui interdisant de procéder à des ordinations sacrées (1).
     Nous sommes actuellement autorisés à rendre publique la suite de cette douloureuse affaire.
     La sacrée Congrégation pour les évêques a adressé au prélat, au nom du Saint-Père, une invitation au repentir, en lui laissant un délai de dix jours pour donner une preuve de résipiscence.
     Mgr Lefebvre, pendant cette période, a fait parvenir au Saint-Père une seule lettre (2) qui, loin de donner un signe ou, du moins, un espoir quelconque de résipiscence a été un motif d'une nouvelle amertume pour Sa Sainteté, en raison de la persistante attitude de défi de Mgr Lefebvre.
     Une fois le délai expiré, en effet, il ne restait plus qu'à infliger au prélat la peine que le Souverain Pontife a jugée appropriée dans un tel cas, à savoir la suspense « a divinis » prévue par le can. 2279, § 2, 2°. Cette peine lui a été communiquée par la sacrée Congrégation pour les évêques à la date du 22 juillet.
     En conséquence, est interdit à Mgr Lefebvre l'exercice de tout pouvoir découlant des ordres sacrés (épiscopat, presbytérat et diaconat). Il ne peut donc ni célébrer la sainte messe, ni administrer les sacrements, ni prêcher.
     Si l'autorité suprême s'est décidée, non sans douleur, à prendre cette mesure disciplinaire, c'est en raison du scandale causé parmi les fidèles par l'obstination d'un évêque à refuser le Concile oecuménique Vatican II et les réformes qui s'y rattachent, sous prétexte de s'ériger en juge suprême de la tradition, et aussi en raison de la semence de discorde que, en dépit d'avertissements fraternels répétés, il a persisté à répandre dans les diocèses de différents pays.
     Aucune fonction ne peut être exercée dans l'Eglise sans un lien interne avec le successeur de Pierre et avec les pasteurs qui sont en communion avec lui. Une telle affirmation vaut également pour d'autres abus que l'on peut constater çà et là et auxquels les responsables du Magistère authentique ont le devoir de veiller. Mais le cas présent revêt une particulière gravité du fait qu'il s'agit d'un évêque.
     C'est par son attitude consciemment voulue d'opposition au Pape et à l'Eglise que Mgr Lefebvre s'est mis dans une situation telle que le Saint-Siège a été contraint, en raison de son devoir envers la communauté tout entière, d'apporter cette clarification.
     Il est certes profondément regrettable qu'il ait été nécessaire d'en arriver à cette douloureuse mesure, mais on espère vivement que son aspect pastoral ne sera pas négligé, et qu'un prompt repentir permettra de tourner au plus vite la page sur une attristante affaire qui cause un tel tort à l'Eglise.


(*) Texte italien dans l'Osservatore Romano du 26-27 juillet 1976. Traduction et notes de la DC.
     Sur le « Dossier Lefebvre », cf.
DC 1975, n° 1679, p. 611 et s.; 1975, n° 1681, p. 739 et s.; 1976, n° 1689, p. 32 et s.; 1976 n° 1703, p. 712 et s.
     Le présent dossier s'arrête à la date du 27 août.

(1)
DC 1976, n° 1793, p. 715.

(2)
Ibid., p. 717.