La nomination de 20
nouveaux cardinaux
Allocution prononcée
par S. S. Paul VI au cours du consistoire secret du 24
mai
Le
24 mai, Paul VI a tenu le Consistoire pour la création de
20 cardinaux (plus un cardinal « in petto » dont le nom n'a
pas été révélé). Arrivé à 10 heures dans la salle du
Consistoire, où étaient réunis les anciens cardinaux, il
leur a adressé l'allocution suivante après la récitation de
l'Adsumus (1):
FRÈRES VÉNÉRÉS,
Depuis le jour où, il y a
plus de trois ans déjà, après avoir fixé le nombre des
cardinaux électeurs, nous avions comblé les vides qui
s'étaient créés dans votre Sacré-Collège, ce dernier a eu
la douleur de perdre certains de nos frères, que nous
évoquons ici avec affection et regret (2). Par ailleurs,
quelques-uns de ses membres ont atteint l'âge à partir
duquel ils ne peuvent plus participer à l'élection du
pontife romain. C'est pourquoi nous vous avons convoqués
aujourd'hui pour créer de nouveaux cardinaux, et en même
temps pour promulguer des nominations épiscopales, pour
vous demander de donner un dernier vote sur les causes de
canonisation de trois bienheureux, et enfin pour recevoir
les postulations de pallium.
Ce sont là des aspects
traditionnels et bien connus de tout Consistoire. Ils n'en
sont pas moins suggestifs dans leur signification
ecclésiale et dans leurs rappels historiques, au point de
susciter chaque fois un intérêt particulier pour cet
événement de l'Eglise romaine. Oui, le Consistoire est un
moment particulièrement important et solennel. Nous voyons,
par votre participation et votre présence, que vous l'avez
compris, et de cela tout d'abord nous vous remercions.
La représentativité et
le caractère international du
Sacré-Collège
I. Pour en
rester à ce qui, aujourd'hui, polarise le plus l'attention
de la communauté catholique, et même de toute l'opinion
publique — la création de nouveaux cardinaux —,
nous désirons souligner qu'ainsi nous avons voulu pourvoir,
sans attendre davantage, aux exigences du Sacré-Collège,
surtout après la publication de la Constitution
apostolique Romano
Pontifici eligendo, dans laquelle nous avons souligné les
tâches particulières et suprêmes de ses membres, appelés à
élire le Pape (3). Et en comblant les vides, comme nous le
disions, nous avons suivi les critères qui nous tiennent le
plus à coeur: la représentativité et le caractère
international du Sacré-Collège. Celui-ci veut et doit
montrer à la face du monde l'image fidèle de la sainte
Eglise catholique, venant des quatre points de l'horizon,
réunie dans l'unique bercail du Christ (cf. Jn 10, 16),
ouverte à toutes les populations et à toutes les cultures
pour en assumer les valeurs authentiques et les faire
servir à la bonne cause de l'Evangile, c'est-à-dire à la
gloire de Dieu et à l'élévation de l'homme. Ainsi —
en plus de la reconnaissance qui est due à ceux qui ont
très fidèlement servi le Siège apostolique dans les
représentations pontificales et à la Curie romaine —,
nous avons pensé avant tout et surtout aux sièges
résidentiels, tournant en particulier notre attention vers
les jeunes communautés à l'avenir prometteur et lumineux,
tout aussi bien que vers les communautés au passé illustre
et à l'histoire séculaire, riche d'oeuvres et de sainteté.
C'est comme un regard d'ensemble qui embrasse tout
l'horizon du monde, où l'Eglise vit, aime, espère, souffre,
combat: personne n'est absent, pas même des points extrêmes
de l'horizon, pas même ceux des terres les plus lointaines.
Si la représentativité des Eglises orientales paraît
aujourd'hui réduite, cela ne signifie nullement que nous
ayons une moindre estime ou une moindre considération pour
ces régions qui ont été le berceau de l'Eglise, qui en
conservent toujours avec un soin jaloux les précieux
trésors de piété, de liturgie, de doctrine, et qui trouvent
dans leurs pasteurs, les patriarches qui nous sont si
chers, en union avec les collaborateurs de leur synode
patriarcal respectif, l'encouragement, la lumière, la force
de cohésion. Et même, nous sommes heureux de saisir cette
occasion pour leur manifester une bienveillance des plus
affectueuses, en les assurant de notre souvenir, de notre
vénération et de notre prière.
La vitalité et la
jeunesse de l'Eglise
II. Le
Consistoire, disions-nous, est un moment particulièrement
grave et solennel pour la vie de l'Eglise, qui se déroule
dans le temps: nous ne pouvons laisser passer cette
occasion, qui nous met en contact avec vous, sans traiter
en votre présence de quelques aspects et questions qui nous
tiennent beaucoup à coeur et que nous estimons de grande
importance, et aussi vous faire part de nos sentiments
intimes à ce sujet. Ce sont des sentiments de gratitude et
de joie d'une part, mais aussi de préoccupation et de
peine.
1. Le premier sentiment naît
de l'optimisme inné — fondé sur les promesses
indéfectibles du Christ (cf. Mt 28, 20; Jn 16, 33) et sur
la constatation de phénomènes toujours nouveaux et
consolants — que nous nourrissons habituellement au
fond du coeur: il s'agit de la vitalité, de la jeunesse de
l'Eglise, dont nous avons tant de signes. Nous en avons eu
la preuve lors de la récente Année sainte, qui rayonne
encore son influence sur notre esprit. L'essence de la vie
chrétienne est dans la vie spirituelle, dans la vie
surnaturelle qui est un don de Dieu; et c'est pour nous un
grand réconfort que de la voir se développer dans tant de
pays, dans le témoignage de la foi, dans la liturgie, dans
la prière redécouverte et goûtée à nouveau, dans la joie
que font garder la clarté du regard spirituel et la pureté
du coeur.
Nous voyons en outre se
développer toujours davantage l'amour fraternel,
inséparable de l'amour de Dieu, qui inspire l'engagement
croissant de tant de nos fils et leur solidarité profonde
avec les pauvres, les marginaux, les gens sans défense.
Nous voyons les orientations
tracées par le récent Concile diriger et soutenir l'effort
continu d'adhésion à l'Evangile du Christ, avec une
recherche d'authenticité chrétienne, dans l'exercice des
vertus théologales.
Rempli d'admiration, nous
voyons la floraison des initiatives missionnaires, et
surtout des signes évidents nous montrent que, après un
temps d'arrêt, même un secteur aussi délicat et grave que
celui des vocations sacerdotales et religieuses connaît une
reprise indubitable dans divers pays.
Dans tous les continents,
nous voyons de nombreux jeunes répondre généreusement et
concrètement aux consignes de l'Evangile et faire preuve
d'un effort de cohérence absolue entre l'élévation de
l'idéal chrétien et le devoir de le mettre en pratique.
Oui, frères vénérés, vraiment
l'Esprit est à l'oeuvre dans tous les champs, même ceux qui
semblaient les plus desséchés!
Ceux qui refusent les
enseignements du Concile
Mgr Marcel Lefebvre
2. Mais il
y a aussi des motifs d'amertume, que nous n'entendons
certes pas voiler ni minimiser. Ils viennent spécialement
de ce que nous observons une polarité, souvent irréductible
dans certains de ses excès, qui manifeste en divers
domaines une immaturité superficielle, ou bien une
obstination entêtée, en substance une surdité amère envers
les appels à ce sain équilibre conciliateur des tensions,
appels qui ont pris leur source dans la grande leçon du
Concile, il y a maintenant plus de dix ans.
a) D'un côté, voici ceux qui, sous prétexte
d'une plus grande fidélité à l'Eglise et au Magistère,
refusent systématiquement les enseignements du Concile
lui-même, son application et les réformes qui en dérivent,
son application graduelle mise en oeuvre par le Siège
apostolique et les Conférences épiscopales, sous notre
autorité, voulue par le Christ. On jette le discrédit sur
l'autorité de l'Eglise au nom d'une Tradition, pour
laquelle on ne manifeste un respect que matériellement et
verbalement; on éloigne les fidèles des liens d'obéissance
au Siège de Pierre comme à leurs évêques légitimes; on
refuse l'autorité d'aujourd'hui au nom de celle d'hier. Et
le fait est d'autant plus grave que l'opposition dont nous
parlons n'est pas seulement encouragée par certains
prêtres, mais dirigée par un évêque, qui demeure cependant
toujours l'objet de notre respect fraternel, Mgr Marcel
Lefebvre (4).
C'est si dur de le constater!
Mais comment ne pas voir dans une telle attitude —
quelles que puissent être les intentions de ces personnes
— le fait de se placer hors de l'obéissance au
successeur de Pierre et de la communion avec lui, et donc
hors de l'Eglise?
Car telle est bien,
malheureusement, la conséquence logique, lorsque l'on
soutient qu'il est préférable de désobéir sous prétexte de
conserver sa foi intacte, de travailler à sa façon à la
préservation de l'Eglise catholique, alors qu'on lui refuse
en même temps une obéissance effective. Et on le dit
ouvertement! On ose affirmer que l'on n'est pas lié par le
Concile Vatican II, que la foi serait également en danger à
cause des réformes et des orientations postconciliaires,
que l'on a le devoir de désobéir pour conserver certaines
traditions. Quelles traditions? C'est à ce groupe, et non
au Pape, et non au Collège épiscopal, et non au Concile
oecuménique, qu'il appartiendrait de définir, parmi les
innombrables traditions, celles qui doivent être
considérées comme normes de foi! Comme vous le voyez,
frères vénérés, une telle attitude s'érige en juge de cette
volonté divine qui a fait de Pierre — et de ses
successeurs légitimes — le chef de l'Eglise pour
confirmer ses frères dans la foi et paître le troupeau
universel (cf. Lc 22, 32; Jn 21, 15 s.), et qui l'a établi
garant et gardien du dépôt de la foi.
Ceci est d'autant plus grave,
en particulier, lorsque l'on introduit la division
justement là où « l'amour du Christ nous a rassemblés en un
seul corps », congregavit nos in unum Christi
amor,
c'est-à-dire dans la liturgie et dans le sacrifice
eucharistique, en refusant le respect dû aux normes fixées
en matière liturgique. C'est au nom de la Tradition que
nous demandons à tous nos fils, à toutes les communautés
catholiques, de célébrer, dans la dignité et la ferveur, la
liturgie rénovée. L'adoption du nouvel Ordo Missae n'est pas du tout laissée au libre
arbitre des prêtres ou des fidèles. L'instruction du 14
juin 1971 a prévu la célébration de la messe selon l'ancien
rite, avec l'autorisation de l'Ordinaire, uniquement pour
des prêtres âgés ou malades, qui offrent le sacrifice
divin sine
populo (5). Le
nouvel Ordo a été promulgué pour être substitué à
l'ancien, après une mûre réflexion, et à la suite des
instances du Concile Vatican II. Ce n'est pas autrement que
notre saint prédécesseur Pie V avait rendu obligatoire le
missel réformé sous son autorité, à la suite du Concile de
Trente.
Avec la même autorité suprême
qui nous vient du Christ Jésus, nous exigeons la même
disponibilité à toutes les autres réformes liturgiques,
disciplinaires, pastorales, mûries ces dernières années en
application des décrets conciliaires. Aucune initiative qui
vise à s'y opposer ne peut s'arroger la prérogative de
rendre un service à l'Eglise: en réalité, elle lui cause un
grave dommage.
Plusieurs fois, directement
ou par l'intermédiaire de nos collaborateurs et d'autres
personnes amies, nous avons appelé l'attention de Mgr
Lefebvre sur la gravité de ses attitudes, l'irrégularité de
ses principales initiatives actuelles, l'inconsistance et
souvent la fausseté des positions doctrinales sur
lesquelles il fonde ces attitudes et ces initiatives, et le
dommage qui en résulte pour l'Eglise entière.
C'est donc avec une profonde
amertume, mais aussi avec une paternelle espérance, que
nous nous adressons une fois de plus à ce confrère, à ses
collaborateurs et à ceux qui se sont laissé entraîner par
eux. Oh! certes, nous croyons que beaucoup de ces fidèles,
au moins dans un premier temps, étaient de bonne foi: nous
comprenons aussi leur attachement sentimental à des formes
de culte et de discipline auxquelles ils étaient habitués,
qui pendant longtemps ont été pour eux un soutien spirituel
et dans lesquelles ils avaient trouvé une nourriture
spirituelle. Mais nous avons le ferme espoir qu'ils sauront
réfléchir avec sérénité, sans parti pris, et qu'ils
voudront bien admettre qu'ils peuvent trouver aujourd'hui
le soutien et la nourriture auxquels ils aspirent, dans les
formes renouvelées que le Concile oecuménique Vatican II et
nous-même avons décrétées comme nécessaires pour le bien de
l'Eglise, pour son progrès dans le monde contemporain, pour
son unité. Nous exhortons donc, encore une fois, tous ces
frères et fils, nous les supplions de prendre conscience
des profondes blessures que, autrement, ils causent à
l'Eglise. De nouveau, nous les invitons à penser aux graves
avertissements du Christ sur l'unité de l'Eglise (cf. Jn
17, 21 s.) et sur l'obéissance due au pasteur légitime
qu'il a mis à la tête du troupeau universel, comme signe de
l'obéissance due au Père et au Fils (cf. Lc 10, 16). Nous
les attendons le coeur grand ouvert, les bras prêts à les
étreindre: puissent-ils retrouver, dans l'humilité et
l'édification, pour la joie du peuple de Dieu, la voie de
l'unité et de l'amour!
Ceux qui adoptent une
attitude critique envers l'Eglise et ses
institutions
b)
D'autre part, en sens opposé
pour ce qui est de la position idéologique, mais nous
causant tout autant une profonde peine, il y a ceux qui,
croyant faussement continuer dans la ligne du Concile, ont
pris une attitude de critique a priori et parfois
irréductible envers l'Eglise et ses institutions.
C'est pourquoi, avec la même
fermeté, nous devons dire que nous n'admettons pas
l'attitude:
— De ceux qui se
croient autorisés à créer leur propre liturgie, limitant
parfois le sacrifice de la messe ou les sacrements à la
célébration de leur propre vie ou de leur propre combat, ou
encore au symbole de leur fraternité;
— De ceux qui
minimisent l'enseignement doctrinal dans la catéchèse ou
qui dénaturent celle-ci au gré des intérêts, des pressions,
ou des exigences des hommes selon des tendances qui
déforment profondément le message chrétien, comme nous
l'indiquions déjà dans l'Exhortation apostolique
Quinque jam
anni, le 8 décembre
1970, cinq ans après la fin du Concile (cf.
AAS, 63, 1971, p. 99) (6)
— De ceux qui feignent
d'ignorer la tradition vivante de l'Eglise, depuis les
Pères jusqu'aux enseignements du Magistère, et qui
réinterprètent la doctrine de l'Eglise et l'Evangile
lui-même, les réalités spirituelles, la divinité du Christ,
sa résurrection ou l'eucharistie, en les vidant
pratiquement de leur contenu: ils créent ainsi une nouvelle
gnose et ils introduisent, d'une certaine façon dans
l'Eglise, le « libre examen »; et cela est d'autant plus
dangereux quand c'est le fait de ceux qui ont la très haute
mission, la mission délicate, d'enseigner la théologie
catholique;
— De ceux qui réduisent
la fonction spécifique du ministère sacerdotal;
— De ceux qui
transgressent malheureusement les lois de l'Eglise, ou les
exigences éthiques rappelées par elle;
— De ceux qui
interprètent la vie théologale comme une organisation de la
société d'ici-bas, et même qui la réduisent à une action
politique, adoptant dans ce but un esprit, des méthodes ou
des pratiques contraires à l'Evangile; et ils en arrivent à
confondre le message transcendant du Christ, son annonce du
royaume de Dieu, sa loi d'amour entre les hommes, fondés
sur l'ineffable paternité de Dieu, avec des idéologies qui
nient essentiellement ce message en le remplaçant par une
position doctrinale absolument opposée: ils se font les
champions d'un mariage hybride entre deux mondes
inconciliables, comme d'ailleurs le reconnaissent les
théoriciens de l'autre bord.
De tels chrétiens ne sont pas
très nombreux, c'est vrai, mais ils font beaucoup de bruit;
ils croient trop facilement interpréter les besoins de tout
le peuple chrétien ou le sens irréversible de l'histoire.
Ils ne peuvent, en agissant ainsi, se réclamer du Concile
Vatican II, car l'interprétation et l'application de
celui-ci ne se prêtent pas à des abus de la sorte; pas
davantage invoquer les exigences de l'apostolat pour
approcher ceux qui sont loin ou les incrédules: l'apostolat
véritable est un envoi par l'Eglise pour témoigner de la
doctrine et de la vie de l'Eglise elle-même. Le levain
doit, certes, être diffusé dans toute la pâte, mais il doit
rester levain évangélique. Autrement, il se corrompt lui
aussi avec le monde.
Ce n'est pas le moment
de l'abandon, de la désertion, des concessions, de la
peur
Frères
vénérés, nous avons pensé devoir vous confier ces
réflexions, conscient de l'heure importante qui sonne pour
l'Eglise. L'Eglise est et sera toujours l'étendard levé
parmi les nations (cf. Is 5, 26; 11, 12), car elle a la
mission de donner au monde qui la regarde, avec parfois un
air de méfiance, la vérité de la foi qui éclaire sa
destinée, l'espérance qui seule ne déçoit pas (Rm 5, 5), la
charité le sauvant de l'égoïsme qui, sous diverses formes,
tente de l'envahir et de l'étouffer. Ce n'est certes pas le
moment de l'abandon, de la désertion, des concessions; ni,
encore moins, celui de la peur. Les chrétiens sont
simplement appelés à être eux-mêmes: et ils le seront dans
la mesure où ils seront fidèles à l'Eglise et au Concile.
Personne, pensons-nous, ne
saurait avoir de doute sur le sens des orientations et des
encouragements que, au cours de notre pontificat, nous
avons donnés aux pasteurs et au Peuple de Dieu, et même au
monde entier. Nous sommes reconnaissant à ceux qui ont pris
comme programme ces enseignements donnés dans une intention
qui était toujours soutenue par une vive espérance, par un
optimisme serein joint au sens des réalités concrètes. Si
aujourd'hui, nous nous sommes arrêtés davantage sur
certains aspects négatifs, c'est parce que la circonstance
singulière que nous vivons et votre confiance bienveillante
nous en ont fait sentir l'opportunité. Effectivement,
l'essence du charisme prophétique pour lequel le Seigneur
nous a promis l'assistance de son Esprit, est de veiller,
d'avertir des dangers, de scruter les signes de l'aube à
l'horizon obscur de la nuit. Custos, quid de nocte? Custos, quid
de nocte? nous
fait dire le prophète (Is 21, 11). Jusqu'à ce que l'aube
sereine redonne la joie au monde, nous voulons continuer à
élever la voix au nom de la mission qui nous a été confiée.
Vous, nos plus proches amis et collaborateurs, vous pouvez
avant tout et mieux que tout autre vous en faire l'écho
auprès de tant de nos frères et de nos fils. Et tandis que
nous nous préparons à célébrer le Seigneur qui, avec les
signes de la passion et de la résurrection glorieuse, monte
à la droite du Père, nous devons, en regardant les cieux
ouverts (Ac 7, 56), demeurer remplis d'espérance, de joie
et de courage. In
nomine Domini! En
ce Nom très saint, nous vous bénissons tous.
***
Paul
VI a ensuite donné les noms des dix-neuf cardinaux dont la
nomination avait été annoncée le 27 avril (infra, p. 561), puis il a
poursuivi:
De plus, nous rendons public
le nom de l'un des deux cardinaux que nous nous étions
réservés « in petto »: Joseph-Marie Trin hu Kué, archevêque
d'Hanoï, qui est arrivé à Rome hier. Nous nous gardons
encore le second « in petto », réservant à notre jugement
de faire connaître son nom.
***
Les
cardinaux ont ensuite donné leur approbation pour la
canonisation des bienheureux John Ogilvie, S. J., martyr;
Charbel Makhlouf, moine maronite libanais; et Béatrice de
Silva Meneses, vierge, fondatrice des Soeurs de la Très
Sainte Conception.
(1) Textes
latin et italien dans l'Osservatore Romano
des 24-25 mai 1976.
Traduction diffusée par la Salle de presse du Saint-Siège.
Sous-titres et notes de la DC.
Le dossier du dernier
Consistoire (5 mars 1973) a été publié dans notre numéro du
1 avril 1973, p. 307 et s.
(2) Cf. infra, p. 564.
(3) DC
1975, n° 1687, p. 1001 et s.
(4) Au sujet de Mgr Lefebvre et du séminaire d'Ecône, cf.
notamment DC 1975, p. 611-616, 739-741; 1976, p.
32-36, 235.
Le cardinal THIANDOUM a déclaré à des
journalistes, à Rome:
Mgr Marcel Lefebvre m'a
ordonné prêtre en 1949, alors qu'il était vicaire
apostolique de Dakar. Il est ainsi devenu mon père
spirituel et les liens de famille, spirituels et naturels,
sont très puissants chez les Africains. C'est dans cette
optique que j'ai essayé, depuis, d'offrir mes services à
Rome. Ma préoccupation est que toutes les forces vives de
l'épiscopat dans le monde soient regroupées autour du Pape
pour l'aider à traduire en actes le IIe Concile du Vatican.
Je suis intervenu pour Mgr Lefebvre dans le sens du
dialogue nécessaire. La charité pastorale et le sens humain
de Paul VI permettent d'espérer que ce problème sera résolu
avec l'aide de Dieu (Kipa. 27 mai 1976).
(5) DC
1971, n° 1589, p. 610.
(6) DC
1971, n° 1578, p.
52.