Présentation de la lettre « Eucharistiae participationem » par le Secrétariat national (français) de l'opinion publique (SNOP)


     Rome vient d'adresser aux présidents des Conférences épiscopales (en France: le cardinal Marty) une lettre circulaire au sujet des prières eucharistiques. La prière eucharistique est la prière centrale de la messe: c'est là que sont repris les gestes et les paroles du Christ à la dernière Cène. La réforme liturgique en a ajouté trois au « Canon » utilisé par la liturgie romaine depuis le IVe siècle (1). Mais, depuis plusieurs années, des particuliers ont publié d'autres prières eucharistiques qui sont parfois utilisées lors de certaines célébrations.
     Ce fait pose deux questions:
     — Peut-on envisager la possibilité de créer de nouvelles prières eucharistiques qui viendraient s'ajouter aux quatre prières qui sont actuellement proposées par le Missel romain?
     — Si oui, à quelles conditions et avec quelle approbation?
     Rome répond que ces questions ont, en effet, été examinées et que le Saint-Siège « ne refusera pas de prendre en considération les requêtes légitimes et examinera avec bienveillance les demandes présentées par les Conférences épiscopales en vue, éventuellement, de composer et d'introduire dans la liturgie une nouvelle prière eucharistique, en fonction de circonstances particulières » (n. 6).
     Le Saint-Siège se réserve pour le présent le droit d'autoriser la composition, d'approuver et de permettre la mise en usage de toute prière eucharistique. En réponse aux requêtes légitimes dont il vient d'être question « il proposera dans chaque cas les règles à suivre » (n. 6).
     En pratique, il n'y a pour le moment que les quatre prières eucharistiques du Missel romain qui aient reçu une telle approbation « et il n'est pas permis d'en employer une autre qui aurait été composée sans l'autorisation du Saint-Siège ou qui n'aurait pas été approuvée par lui» (n. 6).
     La lettre de Rome appuie cette décision sur un double principe: la liturgie doit offrir une grande variété de textes qui permettent une véritable adaptation aux circonstances particulières, mais elle doit en même temps être le lieu où se manifeste l'universalité et l'unité de l'Eglise. Cela est particulièrement vrai pour la prière eucharistique qui est en quelque sorte le « sommet de toute la célébration ».
     Le document romain insiste en même temps sur la nécessité d'utiliser dès maintenant toutes les possibilités d'adaptation prévues dans la nouvelle liturgie de la messe. Il souligne qu'on ne le fait pas assez et propose quelques possibilités nouvelles. Il demande aussi d'intensifier les efforts pour que tous parviennent à une meilleure compréhension de la prière eucharistique.
     En France, la Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle étudie actuellement l'application du document romain, en particulier en ce qui concerne les messes d'enfants.

(Texte original.)


(1) C'est-à-dire depuis l'époque où la liturgie romaine est passée du grec au latin, langue vernaculaire par rapport au grec du Nouveau Testament.