Cinq théologiens demandent le maintien du mot « catholique » dans la traduction française du « Credo »


     Les PP. BOUYER, CONGAR, DE LUBAC, FEUILLET et LE GUILLOU ont adressé la lettre ci-après aux évêques de France, au mois d'octobre 1970:

     Nous sous-signés, membres de la Commission théologique constituée par le Saint-Père à la demande du Synode épiscopal, pensons qu'il est de notre devoir d'attirer l'attention des évêques sur la gravité des problèmes soulevés par la nouvelle traduction en notre langue des deux
Credo officiels. Nous sommes unanimes sur ce point, en particulier qu'il est impossible de remplacer les mots « Eglise catholique » par les mots « Eglise universelle ». Ceci donnerait inévitablement aux fidèles l'impression qu'il s'agit de confesser non plus notre foi en une Eglise fondée par le Christ et destinée à être l'Eglise où tous les chrétiens soient un dans la foi et les sacrements authentiques, comme dans la fidélité aux pasteurs légitimes, mais seulement une vague foi en quelque Eglise invisible où tous les chrétiens pourraient demeurer dans l'unité spirituelle en dépit de toutes leurs divisions. Au contraire, le mot « catholica », dès son introduction première dans le Credo, a voulu précisément désigner l'Eglise visiblement une et unique dans l'authenticité de la foi, des sacrements et de la hiérarchie, par opposition à toutes les communautés qui ne répondent pas à ces exigences.
     Abandonner le mot catholique pour le mot universel dans ces conditions reviendrait donc à renoncer à l'affirmation même en vue de laquelle cet article du
Credo a été conçu.

     
(La Croix, 17 décembre 1970.)