Notification de la
Congrégation pour le culte divin sur le Missel romain, la
Liturgie des Heures et le calendrier (*)
L'instruction
De Constitutione
apostolica Missale Romanum gradatim ad effectum
deducenda,
publiée par cette S. congrégation le 20 octobre 1969, a
donné les normes concernant les cas particuliers et les
difficultés posées par l'utilisation du Nouveau Missel
Romain, et elle a autorisé les Conférences épiscopales à
prolonger la vacatio legis
jusqu'au 28 novembre 1971
(1).
Il fut également décidé par
cette S. congrégation que le Calendrier général et les
Calendriers particuliers ad interim demeureraient en usage pendant cette
année 1971 (2).
Compte tenu de ces
dispositions, la congrégation pour le Culte divin, avec
l'approbation du Souverain Pontife, a établi les normes qui
suivent, portant sur l'utilisation du Missel romain, de la
liturgie des heures et du Calendrier rénové, et indiquant
la solution de certaines difficultés posées par la
réalisation du calendrier des années 1972 et 1973.
I. — Le Missel
romain et la Liturgie des Heures
1. Dans les
célébrations en latin, on peut déjà utiliser le Missel
romain et le Lectionnaire de la messe publiés par cette S.
Congrégation (3). De même, les volumes de la liturgie des
Heures pourront être utilisés dès leur publication.
2. Les Conférences
épiscopales veilleront à ce que soient complétées au plus
tôt la traduction et la publication en langue du peuple de
ces mêmes livres liturgiques.
Cependant, étant donné les
difficultés particulières que posent ces publications,
elles fixeront le jour à partir duquel les traductions
approuvées par elles et confirmées par le Siège apostolique
pourront ou devront entrer en usage, totalement ou en
partie.
Mais à partir du jour où les
traductions ainsi définies devront être adoptées dans les
célébrations où l'on utilise la langue du peuple, ceux qui
continueront à user du latin devront utiliser seulement les
textes rénovés, tant pour la messe que pour la liturgie des
heures (**).
3. Ceux qui, en raison de
leur âge avancé où d'une infirmité, éprouvent de graves
difficultés à observer le nouvel Ordo du Missel romain, du
lectionnaire de la messe ou de la liturgie des heures,
pourront, avec l'autorisation de leur Ordinaire, et
seulement dans les célébrations sans peuple, continuer à
utiliser en totalité ou en partie le Missel romain selon
l'édition typique de 1962, modifiée par les décrets de 1965
et 1967 (4), ainsi que le Bréviaire romain antérieur.
4. En ce qui concerne la
langue à utiliser:
1) Pour les messes célébrées avec
peuple, les
Conférences épiscopales ont le droit de décider de
l'utilisation de la langue du peuple dans quelque partie
que ce soit de la messe.
Prenant en considération
avant tout le bien des fidèles, les Ordinaires des lieux
jugeront s'il est opportun que, une fois introduit l'usage
de la langue du peuple, on célèbre dans certaines églises
une ou plusieurs messes en latin, surtout des messes avec
chants (5), en particulier là où se rassemblent plus
fréquemment des fidèles de diverses langues.
Dans les messes célébrées en
latin, il convient que les lectures de la Sainte Ecriture
et la Prière universelle soient faites dans la langue du
peuple (***), en tenant compte éventuellement de la
présence de fidèles de diverses langues.
2) Pour les messes célébrées sans
peuple, tout
prêtre peut utiliser soit le latin, soit la langue du
peuple.
3) La liturgie des Heures,
célébrée soit individuellement, soit en commun, soit au
choeur, peut, avec le consentement de l'Ordinaire, être
célébrée en langue du peuple.
II. — Le
calendrier.
5. Les
Conférences épiscopales, compte tenu de l'état du travail
de traduction du Missel romain et de la liturgie des
Heures, fixeront le jour à partir duquel devra être
utilisé, sur le territoire de leur juridiction, le
Calendrier romain général promulgué par le
Motu proprio « Mysterii
paschalis » du 14 février 1969.
En attendant que soit terminé
le travail de traduction, ces mêmes Conférences publieront
les normes opportunes sur le calendrier à suivre pour la
célébration de la messe et de la liturgie des Heures, en
latin comme en langue du peuple.
6. Ceux qui utilisent un
calendrier propre doivent, en attendant que celui-ci soit
révisé, conserver le calendrier actuellement en vigueur
pour les célébrations qui leur sont propres, en changeant
le degré de ces célébrations conformément aux normes
universelles du calendrier, et en modifiant ce qui ne
concorde pas avec ces normes. Pour le reste, ils doivent
observer les normes établies par la Conférence épiscopale.
Le travail de révision des
calendriers particuliers devra être fait dans les délais
fixés par l'instruction sur le Calendrier (6).
7. En 1972, la solennité de
saint Joseph tombe le cinquième dimanche de Carême. Elle
sera donc anticipée le samedi. c'est-à-dire le I8 mars (7).
Là où des motifs pastoraux le
conseillent, les Ordinaires des lieux peuvent permettre
qu'on dise la messe de saint Joseph également aux messes
dominicales célébrées le samedi 18 mars au soir.
En 1973, certaines solennités
tombent le même jour. En conséquence, le calendrier
s'établira comme suit:
a) Dimanche 24 juin: Nativité de saint
Jean-Baptiste, solennité. Là où la solennité du Corps et du
Sang du Christ est transférée ce dimanche, la solennité de
saint Jean-Baptiste sera célébrée la veille, 23 juin.
b) Vendredi 29 juin: Saints Pierre et Paul,
apôtres, solennité, et le Sacre-Coeur de Jésus, solennité.
On célébrera, ce jour-là, la
solennité des saints Pierre et Paul, et la solennité du
Sacré-Coeur de Jésus sera transférée au dimanche suivant.
Cependant, là où la solennité des saints Pierre et Paul
n'est pas de précepte et où elle est généralement
transférée au dimanche suivant, on célébrera la solennité
du Sacré-Coeur de Jésus, le 29 juin, et la solennité des
saints Pierre et Paul le 1er juillet.
(*) Traduction
de la
DC, d'après le
texte latin publié dans l'Osservatore Romano
du 16 juin 1971, revue par le
Centre national de pastorale liturgique (CNPL). Nous avons
ajouté en note quelques références à la DC.
(1) Cf. AAS 61 (1969), p. 719-753
(DC
1909, n° 1551, p. 1007 et
s.).
(2) Cf. S. congrégation du Culte divin, notification du 17
mai 1970: Notitiae 6 (1970), p. 193.
(3) Cf. id., Décr. Celebrationis
Eucharisticae, 26
mars 1970, AAS 62 (1970), p. 554 (DC 1970, n° 1574, p. 1009); Décr.
Ordine
lectionum, 30
sept. 1970.
(**) En France, le nouvel Ordo Missae est obligatoire depuis le 1er janvier
1970 (DC 1969, n° 1532, p. 1078 —
NDLR).
(***) En France, les lectures doivent être « proclamées
directement en français, à toutes les messes célébrées en
présence du peuple, qu'elles soient chantées ou lues. »
(Ordonnance de l'épiscopat français. DC 1964, n° 1490, col. 260 —
NDLR.)
(4) S. congrégation des Rites, Décr. Nuper edita, 27 janv. 1965, AAS 37 (1965), p. 408-409; Décr.
Per Instructionem
alteram, 18 mai
1967.
(5) Cf. S. congrégation des Rites, Instr.
Musicam
sacram, 5 mars
1967, n° 48, AAS 59 (1967), p. 300-320
(DC
1967, n° 1490, col. 507).
(6) S. congrégation du Culte divin, Instruction sur la
révision des calendriers particuliers et des propres pour
la Messe et pour l'Office, 21 juin, 1970, n° 4.
AAS
62 (1970), p. 651-663
(DC
1970, n° 1571, p. 807 et s.).
(7) Calendarium
Romanum, Normes
universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 5,
Polyglotte vaticane, 1969, p. 12 (DC 1969, n° 1511, p. 525).