Réponses à des questions posées au sujet du nouvel « Ordo Missae »


     Les Notitiae, organe de la congrégation du Culte divin, publient les réponses ci-après dans leur numéro de janvier 1970, p. 37 et s. (1):


Genre et forme de l'hostie

          Qu'entend-on par « pain eucharistique » au numéro 283 de la Présentation générale du Missel romain?
     
R. — Rien d'autre que l'hostie utilisée jusqu'à présent, mais plus grande. L'expression «pain eucharistique », à la ligne 2, s'explique par ce qui est dit plus loin, à la ligne 4: « que le prêtre... puisse vraiment rompre l'hostie en plusieurs morceaux ». Il est donc question, à la ligne 2, du genre de l'élément eucharistique, et à la ligne 4, de sa forme.
     C'est par conséquent à tort que l'expression « pain eucharistique », de la ligne 2, a été entendue comme désignant la forme du pain eucharistique, ce qui pourrait laisser croire que l'hostie de forme traditionnelle pourrait être remplacée par du pain de table.
     La Présentation générale n'a nullement voulu changer la
forme de l'hostie et des particules, mais seulement, et d'une manière facultative, leur taille, leur épaisseur, leur couleur, de sorte que, dans leur substance, elles soient et apparaissent comme du vrai pain partagé entre plusieurs convives.

Le sens de l'offertoire

          Qu'elle est la vraie signification du rite de l'Offertoire?
     La description de l'Offertoire de la messe, dit-on, ne parle que de la
préparation des dons, de leur déposition sur l'autel, des offrandes apportées par les fidèles pour l'église et les pauvres, mais dit dit rien de l'offrande du sacrifice.
     R. — L'histoire nous enseigne que le rite de l'Offertoire est une action préparatoire du sacrifice, où le célébrant et les ministres recueillent les dons offerts par les fidèles, c'est-à-dire les éléments de la célébration (le pain et le vin) et les autres dons destinés à l'Eglise et aux pauvres. L'offertoire signifie une « préparation ». C'est cela qui doit toujours être considéré comme sa caractéristique propre, même si des formules qui parlaient davantage de sacrifice le faisaient imparfaitement apparaître. Cette caractéristique, le nouveau rite la met plus nettement en lumière, soit par la participation active des fidèles à la présentation des dons, soit par les formules dites par le célébrant lorsqu'il dépose sur l'autel les éléments de la célébration eucharistique.

***

          Le rite de l'Offertoire ne semble-t-il pas appauvri par la suppression des prières qui accompagnaient l'offrande du pain et du vin?
     
R. — En aucune manière. Les anciennes prières Suscipe sancte Pater et Offerimus tibi Domine n'exprimaient pas la vraie signification du rite de l'Offertoire. Elles ne faisaient qu'anticiper l'offrande proprement dite du sacrifice, qui figure dans la prière eucharistique après la consécration, lorsque le Christ est présent sur l'autel comme victime. Les nouvelles formules expriment avec simplicité et plus de clarté la glorification de Dieu, qui est source de toutes choses et de tous dons faits aux hommes; elles indiquent bien le sens de l'action dont il s'agit; elles insèrent le travail et toute la réalité humaine dans le mystère rédempteur du Christ. Le rite de l'Offertoire, qui exprime explicitement cette doctrine, est ainsi mieux mis en valeur.


Le « Lavabo » ne peut être omis

          Peut-on omettre le rite du Lavabo dans la célébration de la messe?
     
R. Nullement, car:
     1. Tant la Présentation générale (n° 52, 106, 222) que l'
Ordo Missae (avec assistance, n° 24; sans assistance, n° 18) présentent le Lavabo comme un rite normatif de la préparation des dons. Certes, ce rite n'est pas des plus importants en dignité; il ne doit cependant pas être omis, en raison de sa signification de « symbole du désir de purification intérieure » (Prés. gén., n° 52). Pendant les travaux du Consilium sur l'Ordo Missae, on a beaucoup discuté sur la valeur du Lavabo, ou sur le moment où il devait se situer; on s'est demandé s'il devait se faire en silence, ou s'il devait être accompagné d'un texte; mais tout le monde était d'accord pour le conserver. Même si dès le Moyen Age ce geste était dépourvu de valeur pratique, son symbolisme est clair et chacun peut le comprendre facilement (cf. Constitution sur la liturgie, n° 34). Ce rite est en usage dans toutes les liturgies occidentales.
     2. La Constitution sur la liturgie (n° 37-40) prévoit que pour les rites, les Conférences épiscopales pourront éventuellement proposer des adaptations qui devront être soumises à l'approbation du Saint-Siège. Ces adaptations doivent être fondées sur des motifs sérieux, par exemple, l'esprit particulier d'un peuple, des habitudes contraires et indéracinables, l'impossibilité pratique d'adopter un nouveau rite étranger à l'esprit de la population, etc.
     3. Mises à part les libertés prévues par les rubriques, ainsi que les différentes traductions en langue du peuple (cf. Instruction du
Consilium du 25 janvier 1969), l'Ordo Missae est présenté comme quelque chose d'unique, dont la structure générale et les différents éléments constitutifs doivent être strictement observés. Si chacun ou chaque communauté opère arbitrairement une sélection parmi les rites, on ne tardera pas à ruiner un édifice qui a demandé tant de patience et de réflexion.


(1) Traduction (d'après te texte latin) et sous-titres de la DC.