Présentation du nouveau
calendrier liturgique (1)
Par
le Motu
Proprio «
Paschalis
mysterii », daté
du 14 février 1969, Paul VI a approuvé la nouvelle
ordonnance de l'année liturgique et le nouveau calendrier
qui, promulgué par le décret de la Congrégation des Rites
du 21 mars 1969, entrera en vigueur le 1er janvier 1970,
avec, toutefois, quelques aménagements pour permettre
l'utilisation des livres liturgiques qui sont actuellement
en usage.
I. — L'année
liturgique
L'ordonnance
générale de l'année liturgique ne subit pas de changements
radicaux sur le plan de la structure: ce sont plutôt les
éléments constitutifs de chaque temps qui sont mieux mis en
valeur. L'Avent acquiert une note de joyeuse attente de la
double venue du Christ: celle de la fin des temps et celle
très proche de Noël; la première est surtout soulignée dans
les deux premières semaines, la seconde dans les journées
qui vont du 17 au 24 décembre.
Le temps de Noël, qui se
termine le dimanche après l'Epiphanie, présente quelques
changements: la fête du Saint Nom de Jésus est supprimée;
on commémore l'imposition du nom de Jésus au 1er janvier,
qui devient « Solennité de la Sainte Mère de Dieu »; la
fête de la Sainte Famille est transférée au dimanche dans
l'Octave de Noël, tandis qu'au dimanche après l'Epiphanie
est assignée la fête du baptême du Seigneur.
Le temps de la Septuagésime
est supprimé, et les trois semaines qui le remplacent sont
insérées dans le temps « per annum ».
Le temps de la Passion est
également supprimé, comme dénomination, pour donner au
Carême toute son unité, même sur le plan du vocabulaire. On
en garde pourtant les éléments propres, aussi bien dans la
messe qu'à l'office.
Le temps pascal retrouve ses
cinquante jours qui culminent avec la Pentecôte: l'octave
en est donc aboli, mais on met davantage en relief les
jours qui s'écoulent entre l'Ascension et la Pentecôte,
comme temps d'attente de l'Esprit-Saint.
Les trente-quatre semaines
qui ne font pas partie de ces temps caractéristiques
constituent le temps appelé « per annum »; on le trouve, pour une part, avant le
Carême et, pour l'autre, après la Pentecôte. Les
formulaires seront regroupés en un bloc unique, qu'on
utilisera au cours des deux périodes. Il faut noter, pour
ce temps, que la fête du Christ-Roi est transférée du
dernier dimanche d'octobre au dernier dimanche de l'année
liturgique.
Les pièces qui marqueront
davantage le caractère de chaque temps seront surtout les
lectures bibliques (par exemple, Isaïe pour le temps de
l'Avent, les Actes des Apôtres et l'Evangile de Jean au
temps pascal, les évangiles sur le baptême et la pénitence
au Carême...) et les oraisons de la messe, dont le nombre
est augmenté de façon que chaque jour de l'Avent, du Carême
et du temps pascal ait son oraison propre.
II. — Le
calendrier liturgique
1.
Le nouveau calendrier
liturgique est ordonné selon les principes
suivants:
a)
Restituer à chaque saint,
comme jour de célébration, son « dies natalis », c'est-à-dire le jour de sa mort. Cela
peut être obtenu grâce à la révision générale des fêtes qui
sont maintenues.
b) Choisir, comme le demande le Concile, les
saints de majeure importance pour toute l'Eglise, laissant
les autres au culte local, national, régional ou diocésain.
c) Faire en sorte que le nouveau calendrier
soit l'expression de l'universalité de la sainteté, soit
dans le temps, soit dans l'espace. Ainsi, à côté des
nombreux saints qui ont vécu au cours de la période la plus
ancienne ou dans le monde méditerranéen, sont placés des
saints plus récents (par exemple, sainte Maria Goretti) ou
originaires des autres parties du monde (comme les martyrs
de Nagasaki, pour l'Extrême-Orient; ceux de l'Ouganda, pour
l'Afrique; saint Pierre Chanel, pour l'Océanie; les martyrs
canadiens, pour l'Amérique du Nord; saint Turibio et saint
Martin de Portes, pour l'Amérique du Sud; saint Colomban et
saint Anschaire, pour les régions de l'Europe du Nord).
d) Soigneuse révision historique des
fondements de chaque fête et des notices de chaque saint.
e) Principe tout à fait nouveau: c'est la
célébration facultative d'un grand nombre de saints
inscrits au calendrier. Beaucoup d'entre eux, en effet, qui
sont aussi l'expression de la floraison continue de la
sainteté, et qui, en certaines régions, ont encore un culte
traditionnel accentué, sont inscrits au calendrier, mais
leur célébration n'est pas imposée à toute l'Eglise. Parmi
eux, rappelons, par exemple, saint Georges, sainte Maria
Goretti, saint Louis de France, sainte Elisabeth du
Portugal, saint Janvier, saint Nicolas, etc.
2. Un regard d'ensemble sur le nouveau
calendrier donne ceci:
a)
Fêtes du Seigneur: celles qui
sont traditionnelles, moins celles du Saint Nom de Jésus et
du Précieux Sang.
b) Fêtes de la Vierge: outre les principales
(Assomption, Immaculée Conception, Nativité, Annonciation,
Maternité divine, Présentation du Seigneur au Temple,
Visitation), restent obligatoires: Marie, Reine (22 août);
Notre-Dame des Sept Douleurs (15 septembre); du Rosaire (7
octobre); et la Présentation (21 novembre). Sont
facultatives: Notre-Dame de Lourdes (11 février); du Carmel
(16 juillet); la dédicace de sainte Marie Majeure (5 août)
et la fête du Coeur Immaculé de Marie (samedi après la fête
du Sacré-Coeur).
c) De saint Joseph, reste obligatoire la
fête du 19 mars; celle du 1er mai est facultative.
d) Fêtes des anges: on regroupe en une seule
célébration les fêtes des anges Michel, Gabriel et Raphaël
(29 septembre), et on maintient la fête des anges gardiens
(2 octobre).
e) Des apôtres, on conserve les fêtes
traditionnelles. De saint Pierre, toutefois, outre le 29
juin, ne reste que la fête de la Chaire (22 février), et de
saint Paul que celle de la Conversion (25 janvier).
f) Quant aux saints qui n'appartiennent pas
aux catégories précédentes, le calendrier contient 58 fêtes
obligatoires et 92 facultatives.
g) Un regard d'ensemble sur la distribution
de ces fêtes, sur le plan chronologique et historique: 64
appartiennent aux dix premiers siècles; 79 aux dix siècles
suivants. Les siècles les plus représentés ont le IVe (25),
le XIIe (12), le XVIe (17) et le XVIIe (17).
Géographiquement, 126 fêtes concernent des saints d'Europe;
8 des saints d'Afrique; 14 des saints d'Asie; 4 des saints
de l'Amérique du Nord; 1 de l'Océanie.
On a donc, au total, un
allégement du nombre des saints qui restent inscrits au
calendrier, grâce à la suppression de certaines fêtes pour
raisons historiques, ou au fait que d'autres célébrations
sont purement locales ou même facultatives et, en même
temps, une représentation plus universelle, qui répond
mieux à la diffusion actuelle de l'Eglise.
(1) Texte publié
par la salle de presse du Saint-Siège. Les sous-titres sont
de notre rédaction.