L'emploi du breton dans
la liturgie
La
Commission interdiocésaine (Vannes, Saint-Brieuc, Quimper)
des textes liturgiques en breton a publié les directives
pratiques ci-après:
[...] Dans l'agencement de la
liturgie en langue vivante, on sera amené à utiliser la
langue qui se trouve être la plus indiquée pour
l'instruction et l'édification des fidèles dont on a la
charge, comme pour l'expression de leur prière. Les
préférences personnelles du prêtre ne doivent pas être un
facteur déterminant dans le choix de la langue. La
préférence exprimée des intéressés doit être prise en
considération. Dans certaines paroisses, l'usage du breton
peut marquer un progrès dans la participation vivante et
fervente des fidèles.
Les prêtres feront connaître
aux fidèles que le breton est reconnu par l'Eglise comme
langue liturgique. En même temps, ils chercheront très
objectivement dans quelle mesure et dans quelles
circonstances on l'utilisera dans la paroisse. Pour cela,
il y a lieu de distinguer plusieurs cas, où les données
sont différentes:
1. Dans les cérémonies
à caractère
personnel, on
tiendra naturellement compte du désir exprimé par les
fidèles: administration des sacrements de mariage et de
pénitence (les prières de l'absolution seront dites en
breton ou en français, suivant la langue employée par le
pénitent).
2. On fera de même pour les
cérémonies à
caractère familial, comme le baptême ou l'extrême-onction.
3. Citons encore des
cérémonies à caractère familial
plus large, comme: messes de
mariage, enterrements, services, veillées mortuaires, où
l'on tiendra compte de la langue, qui est la plus familière
aux participants. Dans certains cas, il y aura lieu de
faire place à l'une et l'autre langue.
4. Pour les
célébrations rassemblant tout le
peuple, en
particulier pour la messe
paroissiale, on
aura recours aux solutions donnant une juste satisfaction à
tous. Une enquête, sous la forme la plus appropriée, sera
faite sans partialité. La solution à laquelle elle conduira
ne sera pas nécessairement celle du « tout ou rien »
— tout en français ou tout en breton, — selon
la loi de la majorité. Le respect des personnes et le souci
pastoral exigent que l'on tienne compte d'une minorité.
En beaucoup d'endroits, on
aboutira à diverses solutions plus souples, soit de façon
permanente, soit en variant d'un dimanche à l'autre: on
pourra envisager une alternance des deux langues dans les
chants, les lectures, l'homélie. Dans les paroisses où se
disent plusieurs messes, on envisagera, suivant les
besoins, de célébrer l'une des messes avec emploi exclusif
de l'une ou de l'autre langue (Vie diocésaine de Saint-Brieuc et
Tréguier, 12 mars
1965).