La participation des
catholiques aux offices religieux non
catholiques
Lettre
collective de l'épiscopat d'Angleterre et du Pays de Galles
(1)
A la
clôture de la troisième session du IIe Concile du Vatican,
le Saint-Père a solennellement promulgué le décret sur
l'oecuménisme. A cette occasion, la hiérarchie exprime sa
profonde satisfaction que l'Eglise ait donné des directives
concernant notre travail pour l'unité chrétienne.
Le Concile a dit bien
clairement que ce serait un faux oecuménisme d'agir
toujours comme si tous les chrétiens étaient déjà unis dans
la foi. Cela correspond à la pensée des autres Eglises
chrétiennes sur ce sujet. Le nouveau décret énonce les
principes de base de la prière commune.
La communauté de culte, en
tant que telle, est généralement le signe d'une unité déjà
achevée. Elle n'est donc pas permise d'une façon générale.
Dans certaines circonstances, cependant,
la prière commune doit
être recommandés comme un moyen très efficace
d'unité. Le fait
même que la pleine communion dans le culte n'est encore pas
possible doit en effet inciter à prier plus intensément
pour qu'arrive le jour où nous serons tous unis dans une
seule foi. Le domaine de l'oecuménisme étant encore en
grande partie inexploré, le décret laisse à la hiérarchie
de chaque pays le soin de déterminer les méthodes de
coopération avec les autres chrétiens, selon les conditions
locales.
***
La
hiérarchie d'Angleterre et du Pays de Galles, réunie à
Rome, a décidé ce qui suit:
1. Dans l'exercice de leurs
fonctions, les
représentants élus et les personnages officiels peuvent
désormais assister aux offices dans les églises non
catholiques.
C'est ainsi, par exemple, que les conseillers municipaux
catholiques peuvent assister aux offices célébrés le
Mayor's
Sunday (le
dimanche du maire) dans une église ou chapelle non
catholique. De même, un maire catholique qui a célébré
le Mayor's
Sunday dans son
église paroissiale, pourra, à titre officiel, assister aux
offices célébrés dans les autres églises. Ces nouvelles
règles s'appliquent aussi aux juges, greffiers et autres
personnages officiels.
2. Il est permis aux
catholiques, pour des raisons d'amitié et de politesse,
d'assister à des cérémonies religieuses telles que les
mariages ou les enterrements, dans des églises non
catholiques. Désormais un catholique peut être garçon ou
demoiselle d'honneur à un mariage entre non catholiques.
3. L'amitié entre chrétiens
allant en se développant, il arrive de plus en plus souvent
que certains catholiques soient invités dans des églises
non catholiques en des circonstances telles que
l'installation d'un nouveau desservant. Désormais, ces
invitations peuvent être acceptées.
4. Le jour de
l'Armistice, des
catholiques sont parfois invités à des services célébrés au
monument aux morts de la localité. Cette invitation peut
désormais être acceptée. Lorsque l'on demande d'organiser
des services communs, le prêtre doit en régler les détails
avec le clergé des autres confessions. Le mieux est sans
doute que chaque groupe à son tour récite les prières qu'il
connaît.
5. L'octave de l'unité
chrétienne a été
suivi avec un enthousiasme croissant au cours de ces
dernières années. Outre la fervente célébration de cette
octave dans nos églises, il est recommandé que tous les
chrétiens se réunissent un soir de ladite semaine dans un
local convenable pour y prier ensemble et écouter des
chrétiens de différentes confessions. Il serait également
bon de lire des passages de la Sainte Ecriture et de
chanter des hymnes connus de tous. Si d'autres pratiques
semblent souhaitables pendant l'octave ou en d'autres
occasions oecuméniques, le prêtre intéressé doit consulter
son évêque.
6. Des prêtres et des laïcs
bien qualifiés peuvent, avec l'approbation de l'évêque,
accepter des invitations à prendre la parole dans
des églises non catholiques, à condition que leur allocution ne
fasse pas partie de l'office.
***
Les évêques
désirent vivement que le clergé et les laïcs suivent de
tout coeur les directives données par le Concile du
Vatican. Si les règles données ci-dessus sont respectées,
on peut espérer que tout danger d'indifférentisme sera
évité. Il ressort clairement des principes énoncés
qu'il ne peut pas
y avoir de participation à l'eucharistie non catholique. Il
n'est de même pas possible pour un catholique de jouer un
rôle officiel dans un office religieux non
catholique. Si
ces directives sont suivies, nous n'avons pas à craindre
que le véritable oecuménisme soit mis en danger par une
action peu judicieuse qui pourrait facilement créer une
mauvaise impression de part et d'autre.
(1) Traduction
de la
DC, d'après le
texte original anglais. Nous indiquons, en italique, les
passages saillants du texte.
Cette lettre a été lue dans
toutes les églises d'Angleterre et du Pays de Galles, le
dimanche 6 décembre 1964.